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La @SPVM a finalement créé une escouade Cold-Case

Cette semaine, la police de Montréal / SPVM ont annoncé la création d’une unité de traitement des cas non résolus composée d’un lieutenant-détective et de six enquêteurs dont le seul travail consistera à traiter les homicides et les disparitions non résolus de la ville. Depuis 1980, environ 800 cas de ce type ont eu lieu, dont 558 homicides.

Les félicitations vont de soi, c’est un progrès. C’est bien mieux que le système dans lequel fonctionnait la police de Montréal: les détectives en service ne se penchaient que sur les cas non résolus quand ils ne menaient pas d’enquêtes actives (traduction = jamais), les détectives partant à la retraite et les cas non résolus.

Mais avant d’être trop énervés, voyons ce que cela signifie et ce que cela ne signifie pas.

Radio Canada – qui lisaient clairement les points de discussion des médias du SPVM – ont rapidement expliqué comment les détectives pouvaient désormais adopter une «nouvelle approche» à l’aide de «techniques avancées» en technologie de l’ADN. Cela n’est vrai que si vous prenez la peine de préserver les preuves. À l’instar de nombreuses forces armées au Québec, le SPVM n’a guère fait preuve en matière de préservation des preuves. Sur les quatre cas de rhume que j’ai principalement couverts dans les années 70 et au début des années 80 sous la juridiction du SPVM (Lison Blais, Katherine Hawkes, Nicole Gaudreault et Tammy Leakey), la moitié de ces familles a reçu une notification officielle du SPVM indiquant que les preuves ADN avaient été détruites.

La nouvelle équipe – qui ne sera pas composée de nouveaux détectives, mais des bureaux actuels redéployés d’autres unités – serait bien inspirée de tirer des enseignements de l’expérience de la Surete du Quebec.

Créée en 2004, la SQ a débuté avec environ 3 détectives et un arriéré d’environ 600 homicides non résolus. Au début de 2018, ils ont ajouté 25 nouveaux officiers supplémentaires à l’unité. Depuis 2004, ils ont réglé 10 homicides cold-case. Il convient de noter que pendant plus de 10 ans, 3 cas ont été résolus; ce n’est que très récemment qu’ils ont annoncé la résolution des 7 cas supplémentaires. C’est 10 cas en 14 ans. Les «experts» vous diront que c’est un très bon dossier de dédouanement. Ce n’est pas assez pour moi.

Il convient de rappeler à tous que, dans le rapport de 2005 de Statistique Canada intitulé «L’homicide au Canada», la police de Montréal affichait le pire taux de classement absolu parmi toutes les grandes villes canadiennes de 1976 à 2005:

Le total estimatif non réglé de tous les cas de cold case au Québec est d’environ 1700.

Comment est-ce arrivé?

Pour en savoir plus, revenons à cet article de 1966 publié dans The Gazette, intitulé «Assassinats non résolus au sein du quartier général de la police». C’est court donc je vais citer le tout:

«Les polices montréalaise et québécoise sont confrontées à un total de 62 meurtres non résolus remontant à 1953. Ils en ont résolu 63 au cours de la même période.

Sur le nombre total de meurtres non résolus, 43 ont été commis à Montréal et les 19 autres ont eu lieu dans divers centres de la province.

Parmi les victimes figuraient 24 personnages du monde souterrain, tandis que 27 autres étaient des hommes d’affaires, des marchands, des femmes au foyer et des retraités âgés tués lors d’un vol qualifié. Les autres meurtres ont été classés comme des crimes passionnels impliquant des homosexuels et des prostituées.

Les enquêtes se poursuivent – d’une manière ou d’une autre – sur tous les meurtres non résolus. Aucun des cas non résolus n’a été fermé.

Ces chiffres ne comprennent pas la série de meurtres découverts il y a plusieurs mois lors d’une enquête intensive sur des faillites frauduleuses et des incendies criminels à but lucratif dans la province. Alors que plusieurs suspects sont en lien avec les meurtres à la chaux, aucun n’a encore été jugé pour meurtre.

Le meurtre d’une femme âgée de 35 ans, Mme Lysanne Lauzière, dont le corps a été retrouvé il y a quelques semaines dans une fosse peu profonde dans un champ à 60 milles au nord de Montréal, n’est pas non plus incluse. Deux hommes ont été officiellement inculpés du meurtre mais n’ont pas encore été jugés. »

En ignorant les catégorisations misogynes et homophobes qui n’ont rien d’étonnant pour 1966, quoi d’autre se démarque?

Il n’y a pas d’homicides par des étrangers.

Ils ne commenceront à émerger que dans les années 1970, lorsque Allo Police commencera à reconnaître cet horrible phénomène qui atteindra son apogée en 1977.

Pourquoi le Québec a-t-il le pire taux de classement des homicides au Canada? Répondant à cela prendrait beaucoup de temps, lisez mon prochain livre. Je vais vous donner un indice: toute agence aussi centrée sur elle-même, soucieuse de préserver son image, cherche trop à se tourner vers l’intérieur pour même commencer à résoudre des problèmes majeurs de la société.

Il suffit de regarder la réponse du Syndicat des policiers de Montréal après l’annonce par Sylvain Caron, directeur du SPVM, des changements majeurs apportés au déploiement des officiers:

Chers confrères, chères consoeurs,

La Presse rapportait ce matin une restructuration du SPVM.

La voie par laquelle l’information s’est d’abord rendue aux membres concernés souffrait d’un certain déficit de respect, ce que nous avons dénoncé à la direction.

La Fraternité rappelle au Service qu’une attention particulière doit être portée aux relations de travail dans un contexte où les policiers et policières, il n’y a pas si longtemps encore, ont grandement été éprouvés par les nombreuses dysfonctions d’une direction problématique.

Il faut également rappeler que pendant ce temps et malgré une adversité hors norme, les policiers et policières ont su assurer une qualité de service impeccable.

Ceci étant dit, le passé appartenant au passé, nos préoccupations actuelles vont bien au-delà du fait que “personne ne se retrouvera au chômage demain matin” comme on pouvait le lire dans La Presse.

En effet, les changements décidés par la direction comporteront des effets directs et indirects pour plusieurs d’entre vous.

Par conséquent, la Fraternité s’assurera que les modalités de ces changements soient conformes aux droits qui vous sont impartis par la convention collective et au respect qui vous est dû.

À cette fin, nous avons convoqué les représentants syndicaux des unités concernées à une conférence téléphonique qui aura lieu dès aujourd’hui. Dans le contexte d’une transition à laquelle la Fraternité apposera sa vigilance, les suivis seront par la suite dirigés vers les personnes touchées.

Solidairement vôtre,

Mario Lanoie

Vice-président

Recherche et communications

La réponse de Mario Lanoie se résume à un grand “fuck you” à toute tentative d’adaptation et de changement, en disant essentiellement aux les officiers “vous ne faites rien de différent tant que nous ne vous disons pas de faire autrement”.

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The Montreal Police finally created a cold case squad

This week the Montreal police / SPVM announced the creation of a cold case unit consisting of one lieutenant-detective and six investigators whose only job will be to address the city’s unsolved homicides and disappearances — since 1980, there have been about 800 such cases, including 558 homicides.

Congratulations are definitely in order, this is progress. It’s a hell of a lot better than the system the Montreal police were previously operating under: on duty detectives looking at cold cases only when they weren’t pursuing active investigations (translation = never), detectives retiring and cold cases never looked at again.

But before we get too giddy let’s consider what this means, and what it does not.

Pundits on the Radio Canada morning shows – clearly reading directly from the SPVM’s media talking points – were quick to observe how detectives could now take a “fresh approach” with the help of “advanced techniques” in DNA technology. This is only true if you bother to preserve case evidence. Like many forces in Quebec, the SPVM has a poor track record of preserving evidence. Of the four cold cases I have predominantly covered from the 1970s / early 80s under SPVM jurisdiction (Lison Blais, Katherine Hawkes, Nicole Gaudreault and Tammy Leakey) half of those families have received official notice from the SPVM that the DNA evidence has been destroyed.

The new squad – which will consist not of new detectives, but current offices redeployed from other units – would do well to learn some lessons from the Surete du Quebec’s cold case experience.

Created in 2004, the SQ started with approximately 3 detectives and a backlog of approximately 600 uncleared homicides. In early 2018 they added an additional 25 new officers to the unit. Since 2004 they have cleared 10 cold case homicides. It should be noted for over a decade the number was 3 cold cases cleared; it’s only very recently that they announced solving the additional 7 cases. That’s 10 case in 14 years. “Experts” will tell you that’s pretty good clearance record. It’s not good enough for me.

It’s worth reminding everyone that in the 2005 Statistics Canada report “Homicide in Canada” The Montreal police had the absolute worst clearance rate for all major Canadian cities from 1976 through 2005:

The estimated uncleared total of all Quebec cold cases is approximately 1,700.

How did this come to be?

For some insight, let’s go back to this 1966 article from The Gazette, “Unsolved Murders Piling Up in Police HQ”. It’s short so I’ll quote the whole thing:

Montreal and Quebec Provincial Police face a combined total of 62 unsolved murders dating back to 1953. They solved 63 in that same period.

Of the total number of unsolved murders, 43 were committed in Montreal while the other 19 were carried out in various centers across the province.

The victims included 24 underworld characters while 27 others were businessmen, merchants, housewives, and old age pensioners killed during robberies. The other killings have been classified as crimes of passion involving homosexuals and prostitutes.

The investigations are continuing – in one way or another – on all the unsolved murders. None of the unsolved cases has been closed.

Not included in these figures are the series of murders uncovered several months ago during an intensive investigation of fraudulent bankruptcies and arson-for-profit cases in the province. While several suspects are being held in connection with the lime-pit murders, none has undergone trial on murder charges as of yet.

Also not included is the murder of a 35-year-old woman, Mrs. Lysanne Lauziere, whose body was unearthed a few weeks ago from a shallow grave in a field 60 miles north of Montreal. Two men have formally been charged with the murder but have yet to stand trial on the charge.”

Ignoring the misogynistic , homophobic categorizations which are not surprising for 1966, anything else stand out for you?

There are no stranger homicides. T

They won’t emerge until the 1970s when Allo Police begins to recognize this horrifying phenomenon that will reach its apex in 1977.

Why does Quebec have the worst homicide clearance rate in Canada? Answering that would take quite a long time, read my upcoming book. I will give you a clue: any agency that is so focused on itself, on preserving its image, is too inward looking to even begin solving major problems of society.

Just look at the response from the Montreal Police Union after SPVM Director Sylvain Caron announced the major changes to the deployment of officers:

Dear brothers and sisters,

La Presse reported this morning a restructurin`g of the SPVM.

The way in which the information first went to the concerned members suffered from a certain lack of respect, which we denounced to the management.
 
The Brotherhood reminds the Service that special attention must be paid to labor relations in a context where police officers, not so long ago, have been greatly affected by the many dysfunctions of a problematic management.

It should also be remembered that during this time and despite extraordinary adversity, the police officers were able to ensure an impeccable quality of service.

That being said, with the past in the past, our current concerns go far beyond the fact that “no one will be unemployed tomorrow morning” as we read in La Presse.

Indeed, the changes decided by the management will have direct and indirect effects for many of you.

Therefore, the Brotherhood will ensure that the terms and conditions of these changes are in accordance with the rights that are granted to you by the collective agreement and the respect due to you.

To this end, we have convened the union representatives of the affected units to a conference call that will take place today.

In the context of a transition to which the fraternity will put its vigilance, follow-ups will subsequently be directed to the people affected.

In solidarity,

Mario Lanoie
Vice-president
Research and Communications

Mario Lanoie’s response boils down to a grand “fuck you” to any attempts to adapt and change, essentially telling rank and file officers that “you don’t do anything different until we tell you to do different.”

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Important redeployment of staff for the Montreal Police

The director of the SPVM, Sylvain Caron, will announce and outline the restructuring plan to the 120 or so executives of the police organization this morning during a meeting in Montreal.

DANIEL RENAUD
The Press

In order to allocate resources to “where the need is most felt,” the director of the Police Department of the City of Montreal (SPVM), Sylvain Caron, will today announce to his 4000 police officers a major redeployment of ‘workforce,.

This restructuring, called “Strategic Operational Repositioning”, includes the creation of a full team of investigators devoted exclusively to resolving unresolved murders, a significant addition to the sexual assault division and fight against sexual exploitation, and the return of drug investigation sections under the auspices of the Organized Crime Division.

“Crime is changing and we want to put resources where they will be optimal,” a police source told La Presse.

The director of the SPVM, Sylvain Caron, flanked by his assistant directors, will announce and outline its plan to the 120 or so executives of the police organization this morning during a meeting in Montreal. They will then meet their troops to explain what the redeployment is.

This announcement is in line with the changes initiated by the previous acting director of the Montreal Police, Martin Prud’homme, before returning to the head of the Sûreté du Québec at the end of last year.

During a media tour that followed his appointment as director last December, Mr. Caron began to unveil the deployment and the eventual addition of manpower, where the need was greatest, including sexual assault.

According to our information, this section, and that of the fight against sexual exploitation, should accommodate at least fifteen additional investigators, in particular to ensure better coordination with the national sex offender registry, meet the growing demand found in the stride of the #moiaussi movement and the Rozon and Salvail cases, and provide better service to members of Aboriginal communities who are victims of sexual exploitation.

Unresolved Murders

There are currently about 800 unresolved murders in the files of investigators of the SPVM, accumulated for decades.

Until a few years ago, a handful of investigators were still assigned exclusively to cold cases, but they retired. Currently, homicide investigators also handle unresolved murders.

The SPVM leadership is thus imitating the Sûreté du Québec – which has several investigators assigned to unresolved murders – and is creating a new, complete team of six investigators and a detective lieutenant to tackle these cases.

This announcement responds to a growing need and comes just days after the brother of a murdered woman whose murder has still not been resolved, John Allore, lamented to La Presse that cold cases were virtually unpublicized on the SPVM website. It should also be noted that constant technological breakthroughs can, in some cases, increase the chances of resolution.

The return of the “Stups”

While the SPVM did away a few years ago the sections assigned to “narcotics” to merge into a section renamed Violence Crimes in the four regions of the island of Montreal, La Presse learned that the squads fighting against the drugs will be resuscitated and placed under the auspices of the Organized Crime Division (OCD), which will now include several teams consisting of five detective lieutenants and more than 60 detective sergeants and investigating officers. However, physically, the offices of the drug investigators will remain in the operational centers of the four regions.

Finally, according to what we have been able to learn, the remaining sections in the four SPVM regions could be merged and staff would be moved to the neighborhood stations, so as to have more resources

These changes, which should come into force in the coming weeks, could lead to the disappearance of some positions, commanders among others.

“One thing is certain, nobody will be unemployed tomorrow morning,” said our source.

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Important redéploiement d’effectifs au SPVM

Le directeur du SPVM, Sylvain Caron, annoncera et... (Photo Olivier Pontbriand, archives La Presse)

A

Le directeur du SPVM, Sylvain Caron, annoncera et exposera les grandes lignes de son plan de restructuration aux quelque 120 cadres de l’organisation policière, ce matin, lors d’une rencontre à Montréal

Daniel Renaud

Dans le but d’affecter les ressources là « où le besoin se fait le plus sentir », le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Sylvain Caron, annoncera aujourd’hui à ses 4000 policiers un important redéploiement d’effectifs, a appris La Presse.

Cette restructuration, appelée « Repositionnement stratégique opérationnel », prévoit entre autres la création d’une équipe complète d’enquêteurs se consacrant exclusivement à la résolution des meurtres non résolus, un ajout sensible d’effectifs à la division des agressions sexuelles et au module de lutte contre l’exploitation sexuelle, et le retour des sections d’enquête sur les stupéfiants sous l’égide de la Division du crime organisé.

« La criminalité évolue et nous voulons mettre des ressources là où elles seront optimales », a résumé une source policière à La Presse.

Le directeur du SPVM, Sylvain Caron, flanqué de ses directeurs adjoints, annoncera et exposera les grandes lignes de son plan aux quelque 120 cadres de l’organisation policière, ce matin, lors d’une rencontre à Montréal. Ces derniers devront par la suite rencontrer leurs troupes pour leur expliquer en quoi consiste le redéploiement.

Cette annonce est dans le droit fil des changements amorcés par le précédent directeur intérimaire de la police de Montréal, Martin Prud’homme, avant de retourner à la tête de la Sûreté du Québec à la fin de l’année dernière. 

Lors d’une tournée médiatique qui a suivi sa nomination en tant que directeur en décembre dernier, M. Caron avait commencé à lever le voile sur ce déploiement et sur l’ajout à terme d’effectifs, où les besoins étaient les plus criants, notamment aux agressions sexuelles.

Selon nos informations, cette section, et celle de la lutte contre l’exploitation sexuelle, devraient accueillir au moins une quinzaine d’enquêteurs supplémentaires, notamment pour assurer une meilleure coordination avec le registre national des délinquants sexuels, répondre à la demande croissante constatée dans la foulée du mouvement #moiaussi et des affaires Rozon et Salvail, et offrir un meilleur service aux membres des communautés autochtones victimes d’exploitation sexuelle. 

Meurtres non résolus

Il y aurait actuellement près de 800 meurtres non résolus dans les cartons des enquêteurs du SPVM, accumulés depuis des décennies.

Jusqu’à il y a quelques années, une poignée d’enquêteurs étaient encore affectés exclusivement aux meurtres non résolus (cold cases), mais ils ont pris leur retraite. Actuellement, ce sont les enquêteurs des homicides qui traitent également les meurtres non résolus.

La direction du SPVM imite donc la Sûreté du Québec – qui compte plusieurs enquêteurs affectés aux meurtres non résolus – et crée une nouvelle équipe complète de six enquêteurs et d’un lieutenant-détective pour s’attaquer à ces dossiers. 

Cette annonce répond à un besoin de plus en plus croissant et intervient quelques jours à peine après que le frère d’une femme assassinée dont le meurtre n’a toujours pas été résolu, John Allore, eut déploré sur nos écrans que les cold cases n’étaient à peu près pas médiatisés sur le site internet du SPVM. Il faut préciser également que les constantes percées technologiques peuvent, dans certains cas, augmenter les chances de résolution.

Le retour des « Stups »

Alors que le SPVM a fait disparaître il y a quelques années les sections affectées aux « stupéfiants » pour les fusionner en une section rebaptisée Crimes de violence dans les quatre régions de l’île de Montréal, La Presse a appris que les escouades de lutte contre les drogues seront ressuscitées et placées sous l’égide de la Division du crime organisé (DCO), qui comptera désormais plusieurs équipes composées de cinq lieutenants-détectives et de plus de 60 sergents-détectives et agents enquêteurs. Toutefois, physiquement, les bureaux des enquêteurs des stupéfiants demeureront dans les centres opérationnels des quatre régions.

Enfin, selon ce que nous avons pu apprendre, les sections restantes dans les quatre régions du SPVM pourraient être fusionnées et des effectifs seraient déplacés dans les postes de quartier, de façon à avoir plus de ressources. 

Ces changements, qui devraient entrer en vigueur dans les prochaines semaines, pourraient entraîner la disparition de certains postes, de commandants entre autres.

« Une chose est certaine, personne ne se retrouvera au chômage demain matin », a assuré notre source.

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Lucie Beaudoin – Flashing Fire Will Follow part 1 / WKT3 #1

Danseuse A GoGo Victime De Son Metier?

La police la retrouve nue et assassinee!

par Michel LeCompte / Photo Police 30 Octobre 1971

Working as a gogo dancer in the clubs and cabarets, is probably very interesting, financially speaking, for a student who wants money for a little luxury. All the more if you dance topless! Nineteen year old Lucie Beaudoin opted for this lifestyle to earn her living. Very pretty, a good figure, she turned the eyes of patrons at the Motel Saint-Hubert on the South Shore of Montreal. Too much? Peut-etre!

It’s an open secret that “topless” dancers often take advances from clients whether they are wanted or not, equally true that on occasion they might encounter undesirable men.

A Double Life

Lucie Beaudoin was not like other dancers, by day she was a CEGEP student in Old Montreal. She operated in two very different worlds. In the clubs she was vulnerable to encounter exploiters or powerful sexual maniacs. We don’t have to tell anyone that “topless” dancers are very provocative by the nature of their dances and their nudity. Was Lucie a victim of her seductiveness? This theory is under consideration, that she was murdered by a sexual maniac who desired her.

A little after the discovery of the body of the young girl, investigators prepared to interrogate several of Lucie’s friends. Fellow students, it is not impossible that the person responsible for her death was also a student. If that is not true, it also appears she was quite connected with a biker who has also been interrogated.

Her booking agent Paul Calcer would find her appointments. Police want to know if the heads of this office had come to know the young girl in question and done business with her regularly, but they claim to not know much about it. She had recently gone to them for new photos, but the photographer has not had the time to take new photographs of her, as he does regularly for all the “artistes” that work for the establishment.

Lucie’s double life has made the work for investigators doubly difficult.

She Disappears

Lucie Beaudoin was not the sort of girl who would leave her parent’s home (her father is deceased) without a good reason, even if her work was providing an attractive income. This is why she still lived with her mother at 5590 boulevard St. Laurent in Montreal. It was on October 5th that she was reported missing when she did not come home since leaving the house 11 hours earlier in the morning. Her photo was given to the media, along with a complete description. It was for another eleven days, the 16th until the police were put on the case.

That day, some children were playing around the Leo Roy quarry, next to 5675 Boule Lapiniere in Brossard. They reported to police the first piece of evidence, a purse that they found at the place. The police determined that it belonged to Lucie. Divers were brought in to explore the nearby water. They discovered floating on the water a big open and inverted trunk containing a sheet. Sticking out was a black leather boot belonging to Lucie. At six o’clock, last Friday, Assistant Director Paul-Emile Blain of the Brossard police, and detective Richard Arpin finally made the macabre discovery: The body of Lucie floating completely naked on the surface of the quarry lake.

From the beginning of the investigation all signs pointed to a murder. Mainly that the body was curled up, the neck was bent back, and the legs were also curled. It’s believed that she was placed in the trunk (which would explain the positioning of the body) and then thrown into the lake. The autopsy that was performed at the beginning of the week confirmed what police had suspected, that Lucie’s neck was broken. “We also know that Lucie was sexually assaulted before being killed, and that she was not shot or stabbed.”

Lucie Beaudoin paid dearly, but why? For being attractive, and revealing her body in public? For having relations with students that were a little shady?

What Happened Next?

The Surete du Quebec would come to assist the Brossard police in the investigation. In December 1971 Henri Vincent was arrested for the October 5th strangulation murder of Lucie Beaudoin. He appeared in court on December 17th. Vincent was a 22 year old biker, also known as “Le Saint ” and “Les Bras”. Vincent had been on the run for several weeks before police apprehended him in Thunder Bay.

Vincent was accused of the non premeditated murder of Lucie Beaudoin. Police stated that Beaudoin was strangled in an apartment in the East End of Montreal at 6525 Papineau, not far from where she lived with her mother.

Police also charged 21 year old Rene Gilles Vinette as an accomplice after the fact.

In the Spring of 1972 Judge Claude Bisson sentenced Henri Vincent to nine years in prison for the murder of Lucie Beaudoin.

It Didn’t End There

47 years later, the victim’s sister, Louise Beaudoin, was plunged back into the matter because of a blunder caused by the Surete du Quebec

In March 2018, Louise Beaudoin was contacted by an investigator from the Sûreté du Québec to announce that the murder of her sister was treated as an unresolved case.

“Since that time, every second, every gesture, every minute, it comes back to me… I’ve been crying a lot every day since March 23,” she says.

Police even made her sign a form to allow them to broadcast the photo of Lucie, and a reminder of the case in the unsolved crimes section of the SQ website.

Although she said that she had informed the police that a suspect had been convicted in this case, the police refused to listen.

Louise Beaudoin says she “doubted her memories” even though she attended court proceedings in 1971.

On May 30, the SQ removed the notice concerning Lucie Beaudoin from their website.

The police admit the mistake and say that in the future, things will be different. It seems that before meeting Lucie Beaudoin’s sister, the police only did summary checks.

Nevertheless, until today, no one has apologized for this blunder. Ms. Beaudoin says she is “shocked”, plunged back into the painful memories for four months.

You can read the original article from TVA here: https://www.tvanouvelles.ca/2018/08/02/une-erreur-de-la-sq-la-replonge-dans-le-meurtre-de-sa-sur-il-y-a-47-ans

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Unsolved Murders: “I no longer trust the investigators”

NICOLAS BÉRUBÉ
La Presse


The Police Department of the City of Montreal (SPVM) distributes less than 1% of unsolved murder cases on its website, against a target of 100% for the Sûreté du Québec (SQ) and the Toronto police, deplores John Allore, author of a podcast on the unsolved murders of young women in Quebec who is preparing a book on the same subject.

On the SPVM website, investigators broadcast four unresolved homicide files in the hope that the public will have information to share with them.

On the Toronto Police Service website, the investigators broadcast 598.

“The SPVM has more than 800 unsolved murders on their hands, and it asks the public for help for four of them?”, John Allore remarks, author of the podcast Who Killed Theresa? on the unsolved murders of young women in Quebec.

“How do you feel if you are a parent, child or relative of one of the other 796 people killed in Montreal whose murderer was never arrested? “

For John Allore, the unresolved homicides have a particular resonance: his sister Theresa Allore was found dead at the age of 19 in 1979 in Compton, in the Eastern Townships. She went missing the year before. Her wallet had been found several kilometers from the remains.

Since then, Mr. Allore and his family have fought to have the police force in charge of the investigation, the Sûreté du Québec in their case, do more to solve the crime. He notes that several police forces in Quebec have been negligent in many cases – including that of his sister – by throwing away or misplacing evidence over the years.

Through his blog and podcast, Mr. Allore has built relationships with the families of several other unresolved homicide victims. Talking to them allows him to have an overview of police work in multiple files, and what he sees discourages him.

Mr. Allore mentions the case of a young girl who was an attempted strangulation victim with her skipping rope in Montreal in 2014. “The SPVM lost the skipping rope and the dress the girl was wearing when she was assaulted. “

“In Quebec, I documented at least 10 cases where the victims’ families were told by the police that evidence had been misplaced or destroyed, and this was holding them back in their investigation. We are talking about the SPVM, the SQ, the Laval police, and Longueuil. It’s serious. “

“Personally, I no longer trust investigators,” says Allore.

In the case of murders where the abuser did not know the victim, and particularly when the victim was a woman, the record of the Quebec police is deplorable, he says.

A CBC analysis of homicide resolution rates between 1976 and 2015 by the various police forces in Canada seems to support it. In this ranking, the Montreal police comes in last place, with a resolution of 65.3%. The penultimate place is the Laval police, with a resolution rate of 67.1% – results attributed by the police to the high proportion of murders and mafia-related murders, which are typically more difficult to resolve. The SQ is doing better, with 80.5%.

The police respond

For Detective Sergeant Emmanuel Anglade, supervisor in the SPVM’s communications and media relations division, we must not make any link between the number of files distributed by the SPVM on his site and the work done by the investigators.

“I can not comment on what’s happening in Toronto, but we’re going to continue to work as we work right now. We focus our efforts on certain issues, which are selected based on investigative elements that can be sought, or that can be explored further. “

Mr. Anglade noted that cases that are not posted on the site are not closed. ” The investigation is still ongoing. There is no investigation that is closed until the case is resolved. “

For its part, the Sûreté du Québec assigned 25 investigators to unresolved murders at the beginning of 2018. Each investigator is responsible for approximately 30 files.

More than 700 unresolved murders are on file at the SQ. On the SQ website, 104 unsolved murders are posted.

For Lieutenant Hugo Fournier, the goal of the Sûreté du Québec is to have 100% of the files posted on the site.

“In early December, we added 16 new files to our site,” he says. It is quite laborious as work, because we have to get the family’s agreement in each case. “

Lieutenant Fournier notes that it is not because a file is not posted on the site that the investigators do not actively work on it.

“We tend to improve our site, but we must take the time to do things right. “

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Meurtres non résolus: «Je ne fais plus confiance aux enquêteurs»

Pour John Allore, les homicides non résolus ont une... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, La Presse)

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Pour John Allore, les homicides non résolus ont une résonance particulière : sa soeur Theresa Allore a été retrouvée sans vie en 1979 à Compton, dans les Cantons-de-l’Est.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

NICOLAS BÉRUBÉ 
La Presse 

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) diffuse moins de 1 % des dossiers de meurtres non résolus sur son site internet, contre une cible de 100 % pour la Sûreté du Québec (SQ) et la police de Toronto, déplore John Allore, auteur d’un balado sur les meurtres non résolus de jeunes femmes au Québec et qui prépare un livre sur le même sujet. 

Sur le site internet du SPVM, les enquêteurs diffusent quatre dossiers d’homicides non résolus dans l’espoir que le public ait de l’information à leur communiquer.

Sur le site du Service de police de Toronto, les enquêteurs en diffusent 598.

« Le SPVM a plus de 800 meurtres non résolus sur les bras, et il demande l’aide du public pour quatre d’entre eux ?, s’étonne John Allore, auteur du balado Who Killed Theresa ? sur les meurtres non résolus de jeunes femmes au Québec.

« Comment vous sentez-vous si vous êtes un parent, un enfant ou un proche de l’une des 796 autres personnes tuées à Montréal dont le meurtrier n’a jamais été arrêté ? »

Pour John Allore, les homicides non résolus ont une résonance particulière : sa soeur Theresa Allore a été retrouvée sans vie à l’âge de 19 ans en 1979 à Compton, dans les Cantons-de-l’Est. Elle avait été portée disparue l’année précédente. Son portefeuille avait été retrouvé à plusieurs kilomètres de sa dépouille.

Depuis, M. Allore et sa famille se sont battus pour que le corps policier chargé de l’enquête, la Sûreté du Québec dans leur cas, en fasse plus pour résoudre le crime. Il note que plusieurs corps policiers québécois ont fait preuve de négligence dans de nombreux dossiers – dont celui de sa soeur – en jetant ou en égarant des éléments de preuve au fil des ans.

Grâce à son blogue et à son balado, M. Allore a tissé des liens avec les familles de plusieurs autres victimes d’homicides non résolus. Leur parler lui permet d’avoir une vision d’ensemble du travail des policiers dans de multiples dossiers, et ce qu’il voit le décourage.

M. Allore mentionne le cas d’une fillette qui a été étranglée avec sa corde à sauter à Montréal en 2015. « le SPVM a égaré la corde à danser et la robe que portait la fillette quand elle a été tuée. »

« Au Québec, j’ai documenté au moins 10 cas où les familles des victimes se sont fait dire par les policiers que des preuves avaient été égarées ou détruites, et que cela les freinait dans leur enquête. On parle du SPVM, de la SQ, de la police de Laval, de Longueuil. C’est grave. »

« Personnellement, je ne fais plus confiance aux enquêteurs », dit M. Allore.

Dans les cas de meurtres où l’agresseur ne connaissait pas la victime, et particulièrement quand la victime était une femme, le bilan de la police québécoise est déplorable, dit-il.

Une analyse effectuée par la CBC des taux de résolution des homicides entre 1976 et 2015 par les différents corps de police au Canada semble lui donner raison. Dans ce palmarès, la police de Montréal arrive en dernière place, avec un taux de résolution de 65,3 %. En avant-dernière place se trouve la police de Laval, avec un taux de résolution de 67,1 % – des résultats attribués par les policiers à la forte proportion de meurtres liés aux gangs de rue et à la mafia, typiquement plus difficiles à résoudre. La SQ s’en tire mieux, avec 80,5 %.

La police répond

Pour le sergent-détective Emmanuel Anglade, superviseur à la division des communications et relations médias du SPVM, il ne faut pas faire de lien entre le nombre de dossiers diffusés par le SPVM sur son site et le travail effectué par les enquêteurs.

« Je ne peux pas commenter ce qui se fait à Toronto, mais nous, pour le moment, on va continuer à travailler comme on travaille. On concentre nos efforts sur certains dossiers, qui sont sélectionnés en fonction d’éléments d’enquête qu’on peut aller chercher, ou qu’on peut approfondir. »

M. Anglade note que les cas qui ne sont pas affichés sur le site ne sont pas fermés pour autant. « L’enquête est toujours en cours. Il n’y a pas d’enquête qui est fermée tant que le dossier n’est pas résolu. »

De son côté, la Sûreté du Québec a affecté 25 enquêteurs aux meurtres non résolus en début d’année 2018. Chaque enquêteur est responsable d’une trentaine de dossiers environ.

Plus de 700 meurtres non résolus se trouvent dans les dossiers de la SQ. Sur le site de la SQ, 104 cas de meurtres non résolus sont affichés.

Pour le lieutenant Hugo Fournier, l’objectif de la Sûreté du Québec est d’avoir 100 % des dossiers affichés sur le site.

« Début décembre, nous avons ajouté 16 nouveaux dossiers sur notre site, dit-il. C’est assez laborieux comme travail, car nous devons obtenir l’accord de la famille dans chacun des cas. »

Le lieutenant Fournier note que ce n’est pas parce qu’un dossier n’est pas affiché sur le site que les enquêteurs n’y travaillent pas activement.

« On tend à améliorer notre site, mais il faut prendre le temps de bien faire les choses. Il y a des familles qui sont en attente de réponses depuis longtemps. »

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Let Them Be Hunted Soundly – WKT2 #28

I am honoured to receive the Senate Sesquicentennial Medal “in recognition of my valuable service to the nation.”

But fortune is a wheel…

Site of pizza parlor where Sharron Prior was headed 1975

Andree Bechard, Pierre Boisvenu and Michel Bergeron

Madame Colette Roy, former Mayor of Lac Magantic

Bikers Against Child Abuse


Music / Let Them Be Hunted Soundly – WKT2 #28

I was originally also going to use Depeche Mode and Queen’s Get Down Make Love. I cut way back.

The music is De Natura Sonoris from The Shining, because it references so much we’ve used / talked about: Beatles Day In A Life, Pedro The Lion Winners, Pat Metheny, ELO, Genesis’ Revine (which references Ken Burns’ Vietnam), Syd’s I’ve Got A Bike (then Floyd’s Time).

I wanted to go back to something simpler, not so polished… my old (not-so-confident, stuttering ) self. Where you’re not completely sure where the soundtrack will come in = tension:

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The Survivor Experience – Sherbrooke Record, November 27, 2018

This is the full editorial in today’s Sherbrooke Record I wrote for 16 Days of Action to End Sexual and Gender-based Violence:

There’s a case of an unsolved murder of a 19-year-old CEGEP student from Jonquière, Quebec.  On the morning of April 28, 2000, Guylaine Potvin was found dead in her basement apartment near the college campus. Elements of the investigation have shown certain similarities with another file concerning an event in Sainte-Foy in July 2000, in which another student living alone was assaulted in her apartment. This student – who was left for dead – was more fortunate, she survived.

Last Spring the survivor of the second assault reached out to me.  She had heard that I had a website and podcast where I regularly feature obscure and forgotten Quebec cold cases and illuminate them.  She asked if I would consider doing a program recounting the events of her own sexual assault, and the murder of Guylaine. Like many survivors, after 18 years, she was still looking for answers.

I spent many weeks considering the matter. I made many excuses and arguments about why this was a bad idea. My podcast is in English, its largest audiences are in Australia, the United States and the United Kingdom.  Too much time had passed, the cases couldn’t be solved.  She countered that none of that mattered. The cases had been featured in the French media, but largely ignored in Quebec English communities. Besides, police had once been tracking a suspect who resided in the United States; we might get lucky. She continued that she’d given up with the usually channels of investigation; discouraged by the apathy of police, tired of endless interactions with social services intake “specialists”, she’d take her chances with me.

One more obstacle. I took the matter to Kathryne Owen of the Lennoxville & District Women’s Centre.  I explained the situation, my reluctance to become involved, the very real fact that I have absolutely no training in the interaction with sexual assault survivors. Kathryne argued that she wasn’t surprised that the victim approached me given my history of championing cold cases. I didn’t need training, just the willingness to offer a sympathetic and non-judgmental ear.

So that’s what I did. Over the summer we got to know each other. I’d ask questions, if something was too personal, we mutually agreed that she did not have to respond.  We started with a name. I call her Isabeau, though that’s not her real name.  After a painstaking and graphic, iterative process, one day Isabeau sent me a poem describing her experience. She offered,  “you can read it on the podcast if you like.”

The poem is a stunning expression of the survivor experience. I insisted that I could not read it, she must record it. After many refusals, she eventually did:

Je me souviens d’une voix de femme : « Reste avec nous ». 

Qui est-elle ? 

Pourquoi me dit-elle ça ? 

 Où suis-je ? 

 

Je me suis ouvert les yeux, une pièce inconnue, l’hôpital, un médecin.

J’ai demandé une seule question : « Qu’est-ce qui s’est passé ? »

Comme seule réponse : « Tu es arrivée avec des policiers, tu leurs parleras plus tard ». 

« Non, tout de suite ».

Épuisée, désorientée, j’ai flanché.

 

Un homme, debout près de moi : « Je suis policier »

« Dis-moi qu’est-ce qui s’est passé ? »

Une réponse, celle que je ne voulais pas : « Je ne le sais pas »  

« Comment on va faire pour le savoir ? »

Je me souviens de la feuille de déposition, du crayon, de la tablette improvisée.

Je me souviens de ma question : « Tu veux que j’écrive quoi ? » 

J’ai écrit, peu.

 

Je dormais dans mon lit, dans ma chambre.

Je me souviens de tes mains sur ma gorge. 

Je me souviens de ton odeur.

Je me souviens de toi. 

 

Épuisée, désorientée, j’ai flanchée.

 

J’ai ouvert les yeux.

Une nouvelle pièce : où suis-je ? 

Qu’est-ce qui s’est encore passé ? 

Devant moi, un policier, le même.

Ses yeux bleus, muets.

Sur la table du lit, une boîte blanche.

« Qu’est-ce qu’il y a dans la boîte ? » 

J’ai cru qu’on m’emmenait une réponse,

 Une trousse médico-légale.

 

Un nouveau policier pour prendre des photos de mes blessures.

Je n’arrive pas à bouger, lui a photographier.

“Place-moi comme tu veux, je ne peux pas t’aider” 

“Tu me dis si je te fais mal” ;  j’ai rien dit. 

Épuisée, j’ai flanchée.

 

Examen gynécologique.

Je n’arrive pas à bouger. 

Une médecin, enceinte, à genoux sur le pied du lit.

“Ok, vient, on va le faire comme ça”

Elle me tire par les jambes.

Épuisée, j’ai flanchée.

 

Un appel du policier 

« J’ai des collègues qui veulent te parler » 

Un espoir : on t’a trouvé.

On m’a montré une photo.

Jeune, belle, souriante. 

Tu l’avais choisie elle aussi.

Elle ne se souviendra jamais, elle, de tes mains, de ton odeur. 

J’ai compris : on te cherchait déjà. 

 

L’enquête.

L’espoir, les jours, les cris, les pleurs.

Des amis questionnés, partis.

Le désespoir, une promesse : « On se boira du porto ».

Des maladresses : « Dans l’autre cas, au moins on a une autopsie » 

Des départs, un cold case.

Et la vie, encore la vie.

 

18 ans déjà.

Je me souviens de chacune des nuits de rage.

Je me souviens d’elle, de chacune de ses photos : 

son gâteau d’anniversaire, son chat.

La couleur de son carnet de téléphone, ses gribouillis, son écriture.

 

Je me souviens des yeux du policier : bleus, muets.

Je me souviens de ma question.

Je me souviens de ton odeur.

To hear the poem recited by Isabeau listen to the podcast here:

 

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