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Important redeployment of staff for the Montreal Police

The director of the SPVM, Sylvain Caron, will announce and outline the restructuring plan to the 120 or so executives of the police organization this morning during a meeting in Montreal.

DANIEL RENAUD
The Press

In order to allocate resources to “where the need is most felt,” the director of the Police Department of the City of Montreal (SPVM), Sylvain Caron, will today announce to his 4000 police officers a major redeployment of ‘workforce,.

This restructuring, called “Strategic Operational Repositioning”, includes the creation of a full team of investigators devoted exclusively to resolving unresolved murders, a significant addition to the sexual assault division and fight against sexual exploitation, and the return of drug investigation sections under the auspices of the Organized Crime Division.

“Crime is changing and we want to put resources where they will be optimal,” a police source told La Presse.

The director of the SPVM, Sylvain Caron, flanked by his assistant directors, will announce and outline its plan to the 120 or so executives of the police organization this morning during a meeting in Montreal. They will then meet their troops to explain what the redeployment is.

This announcement is in line with the changes initiated by the previous acting director of the Montreal Police, Martin Prud’homme, before returning to the head of the Sûreté du Québec at the end of last year.

During a media tour that followed his appointment as director last December, Mr. Caron began to unveil the deployment and the eventual addition of manpower, where the need was greatest, including sexual assault.

According to our information, this section, and that of the fight against sexual exploitation, should accommodate at least fifteen additional investigators, in particular to ensure better coordination with the national sex offender registry, meet the growing demand found in the stride of the #moiaussi movement and the Rozon and Salvail cases, and provide better service to members of Aboriginal communities who are victims of sexual exploitation.

Unresolved Murders

There are currently about 800 unresolved murders in the files of investigators of the SPVM, accumulated for decades.

Until a few years ago, a handful of investigators were still assigned exclusively to cold cases, but they retired. Currently, homicide investigators also handle unresolved murders.

The SPVM leadership is thus imitating the Sûreté du Québec – which has several investigators assigned to unresolved murders – and is creating a new, complete team of six investigators and a detective lieutenant to tackle these cases.

This announcement responds to a growing need and comes just days after the brother of a murdered woman whose murder has still not been resolved, John Allore, lamented to La Presse that cold cases were virtually unpublicized on the SPVM website. It should also be noted that constant technological breakthroughs can, in some cases, increase the chances of resolution.

The return of the “Stups”

While the SPVM did away a few years ago the sections assigned to “narcotics” to merge into a section renamed Violence Crimes in the four regions of the island of Montreal, La Presse learned that the squads fighting against the drugs will be resuscitated and placed under the auspices of the Organized Crime Division (OCD), which will now include several teams consisting of five detective lieutenants and more than 60 detective sergeants and investigating officers. However, physically, the offices of the drug investigators will remain in the operational centers of the four regions.

Finally, according to what we have been able to learn, the remaining sections in the four SPVM regions could be merged and staff would be moved to the neighborhood stations, so as to have more resources

These changes, which should come into force in the coming weeks, could lead to the disappearance of some positions, commanders among others.

“One thing is certain, nobody will be unemployed tomorrow morning,” said our source.

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Important redéploiement d’effectifs au SPVM

Le directeur du SPVM, Sylvain Caron, annoncera et... (Photo Olivier Pontbriand, archives La Presse)

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Le directeur du SPVM, Sylvain Caron, annoncera et exposera les grandes lignes de son plan de restructuration aux quelque 120 cadres de l’organisation policière, ce matin, lors d’une rencontre à Montréal

Daniel Renaud

Dans le but d’affecter les ressources là « où le besoin se fait le plus sentir », le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Sylvain Caron, annoncera aujourd’hui à ses 4000 policiers un important redéploiement d’effectifs, a appris La Presse.

Cette restructuration, appelée « Repositionnement stratégique opérationnel », prévoit entre autres la création d’une équipe complète d’enquêteurs se consacrant exclusivement à la résolution des meurtres non résolus, un ajout sensible d’effectifs à la division des agressions sexuelles et au module de lutte contre l’exploitation sexuelle, et le retour des sections d’enquête sur les stupéfiants sous l’égide de la Division du crime organisé.

« La criminalité évolue et nous voulons mettre des ressources là où elles seront optimales », a résumé une source policière à La Presse.

Le directeur du SPVM, Sylvain Caron, flanqué de ses directeurs adjoints, annoncera et exposera les grandes lignes de son plan aux quelque 120 cadres de l’organisation policière, ce matin, lors d’une rencontre à Montréal. Ces derniers devront par la suite rencontrer leurs troupes pour leur expliquer en quoi consiste le redéploiement.

Cette annonce est dans le droit fil des changements amorcés par le précédent directeur intérimaire de la police de Montréal, Martin Prud’homme, avant de retourner à la tête de la Sûreté du Québec à la fin de l’année dernière. 

Lors d’une tournée médiatique qui a suivi sa nomination en tant que directeur en décembre dernier, M. Caron avait commencé à lever le voile sur ce déploiement et sur l’ajout à terme d’effectifs, où les besoins étaient les plus criants, notamment aux agressions sexuelles.

Selon nos informations, cette section, et celle de la lutte contre l’exploitation sexuelle, devraient accueillir au moins une quinzaine d’enquêteurs supplémentaires, notamment pour assurer une meilleure coordination avec le registre national des délinquants sexuels, répondre à la demande croissante constatée dans la foulée du mouvement #moiaussi et des affaires Rozon et Salvail, et offrir un meilleur service aux membres des communautés autochtones victimes d’exploitation sexuelle. 

Meurtres non résolus

Il y aurait actuellement près de 800 meurtres non résolus dans les cartons des enquêteurs du SPVM, accumulés depuis des décennies.

Jusqu’à il y a quelques années, une poignée d’enquêteurs étaient encore affectés exclusivement aux meurtres non résolus (cold cases), mais ils ont pris leur retraite. Actuellement, ce sont les enquêteurs des homicides qui traitent également les meurtres non résolus.

La direction du SPVM imite donc la Sûreté du Québec – qui compte plusieurs enquêteurs affectés aux meurtres non résolus – et crée une nouvelle équipe complète de six enquêteurs et d’un lieutenant-détective pour s’attaquer à ces dossiers. 

Cette annonce répond à un besoin de plus en plus croissant et intervient quelques jours à peine après que le frère d’une femme assassinée dont le meurtre n’a toujours pas été résolu, John Allore, eut déploré sur nos écrans que les cold cases n’étaient à peu près pas médiatisés sur le site internet du SPVM. Il faut préciser également que les constantes percées technologiques peuvent, dans certains cas, augmenter les chances de résolution.

Le retour des « Stups »

Alors que le SPVM a fait disparaître il y a quelques années les sections affectées aux « stupéfiants » pour les fusionner en une section rebaptisée Crimes de violence dans les quatre régions de l’île de Montréal, La Presse a appris que les escouades de lutte contre les drogues seront ressuscitées et placées sous l’égide de la Division du crime organisé (DCO), qui comptera désormais plusieurs équipes composées de cinq lieutenants-détectives et de plus de 60 sergents-détectives et agents enquêteurs. Toutefois, physiquement, les bureaux des enquêteurs des stupéfiants demeureront dans les centres opérationnels des quatre régions.

Enfin, selon ce que nous avons pu apprendre, les sections restantes dans les quatre régions du SPVM pourraient être fusionnées et des effectifs seraient déplacés dans les postes de quartier, de façon à avoir plus de ressources. 

Ces changements, qui devraient entrer en vigueur dans les prochaines semaines, pourraient entraîner la disparition de certains postes, de commandants entre autres.

« Une chose est certaine, personne ne se retrouvera au chômage demain matin », a assuré notre source.

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Lucie Beaudoin – Flashing Fire Will Follow part 1 / WKT3 #1

Danseuse A GoGo Victime De Son Metier?

La police la retrouve nue et assassinee!

par Michel LeCompte / Photo Police 30 Octobre 1971

Working as a gogo dancer in the clubs and cabarets, is probably very interesting, financially speaking, for a student who wants money for a little luxury. All the more if you dance topless! Nineteen year old Lucie Beaudoin opted for this lifestyle to earn her living. Very pretty, a good figure, she turned the eyes of patrons at the Motel Saint-Hubert on the South Shore of Montreal. Too much? Peut-etre!

It’s an open secret that “topless” dancers often take advances from clients whether they are wanted or not, equally true that on occasion they might encounter undesirable men.

A Double Life

Lucie Beaudoin was not like other dancers, by day she was a CEGEP student in Old Montreal. She operated in two very different worlds. In the clubs she was vulnerable to encounter exploiters or powerful sexual maniacs. We don’t have to tell anyone that “topless” dancers are very provocative by the nature of their dances and their nudity. Was Lucie a victim of her seductiveness? This theory is under consideration, that she was murdered by a sexual maniac who desired her.

A little after the discovery of the body of the young girl, investigators prepared to interrogate several of Lucie’s friends. Fellow students, it is not impossible that the person responsible for her death was also a student. If that is not true, it also appears she was quite connected with a biker who has also been interrogated.

Her booking agent Paul Calcer would find her appointments. Police want to know if the heads of this office had come to know the young girl in question and done business with her regularly, but they claim to not know much about it. She had recently gone to them for new photos, but the photographer has not had the time to take new photographs of her, as he does regularly for all the “artistes” that work for the establishment.

Lucie’s double life has made the work for investigators doubly difficult.

She Disappears

Lucie Beaudoin was not the sort of girl who would leave her parent’s home (her father is deceased) without a good reason, even if her work was providing an attractive income. This is why she still lived with her mother at 5590 boulevard St. Laurent in Montreal. It was on October 5th that she was reported missing when she did not come home since leaving the house 11 hours earlier in the morning. Her photo was given to the media, along with a complete description. It was for another eleven days, the 16th until the police were put on the case.

That day, some children were playing around the Leo Roy quarry, next to 5675 Boule Lapiniere in Brossard. They reported to police the first piece of evidence, a purse that they found at the place. The police determined that it belonged to Lucie. Divers were brought in to explore the nearby water. They discovered floating on the water a big open and inverted trunk containing a sheet. Sticking out was a black leather boot belonging to Lucie. At six o’clock, last Friday, Assistant Director Paul-Emile Blain of the Brossard police, and detective Richard Arpin finally made the macabre discovery: The body of Lucie floating completely naked on the surface of the quarry lake.

From the beginning of the investigation all signs pointed to a murder. Mainly that the body was curled up, the neck was bent back, and the legs were also curled. It’s believed that she was placed in the trunk (which would explain the positioning of the body) and then thrown into the lake. The autopsy that was performed at the beginning of the week confirmed what police had suspected, that Lucie’s neck was broken. “We also know that Lucie was sexually assaulted before being killed, and that she was not shot or stabbed.”

Lucie Beaudoin paid dearly, but why? For being attractive, and revealing her body in public? For having relations with students that were a little shady?

What Happened Next?

The Surete du Quebec would come to assist the Brossard police in the investigation. In December 1971 Henri Vincent was arrested for the October 5th strangulation murder of Lucie Beaudoin. He appeared in court on December 17th. Vincent was a 22 year old biker, also known as “Le Saint ” and “Les Bras”. Vincent had been on the run for several weeks before police apprehended him in Thunder Bay.

Vincent was accused of the non premeditated murder of Lucie Beaudoin. Police stated that Beaudoin was strangled in an apartment in the East End of Montreal at 6525 Papineau, not far from where she lived with her mother.

Police also charged 21 year old Rene Gilles Vinette as an accomplice after the fact.

In the Spring of 1972 Judge Claude Bisson sentenced Henri Vincent to nine years in prison for the murder of Lucie Beaudoin.

It Didn’t End There

47 years later, the victim’s sister, Louise Beaudoin, was plunged back into the matter because of a blunder caused by the Surete du Quebec

In March 2018, Louise Beaudoin was contacted by an investigator from the Sûreté du Québec to announce that the murder of her sister was treated as an unresolved case.

“Since that time, every second, every gesture, every minute, it comes back to me… I’ve been crying a lot every day since March 23,” she says.

Police even made her sign a form to allow them to broadcast the photo of Lucie, and a reminder of the case in the unsolved crimes section of the SQ website.

Although she said that she had informed the police that a suspect had been convicted in this case, the police refused to listen.

Louise Beaudoin says she “doubted her memories” even though she attended court proceedings in 1971.

On May 30, the SQ removed the notice concerning Lucie Beaudoin from their website.

The police admit the mistake and say that in the future, things will be different. It seems that before meeting Lucie Beaudoin’s sister, the police only did summary checks.

Nevertheless, until today, no one has apologized for this blunder. Ms. Beaudoin says she is “shocked”, plunged back into the painful memories for four months.

You can read the original article from TVA here: https://www.tvanouvelles.ca/2018/08/02/une-erreur-de-la-sq-la-replonge-dans-le-meurtre-de-sa-sur-il-y-a-47-ans

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Unsolved Murders: “I no longer trust the investigators”

NICOLAS BÉRUBÉ
La Presse


The Police Department of the City of Montreal (SPVM) distributes less than 1% of unsolved murder cases on its website, against a target of 100% for the Sûreté du Québec (SQ) and the Toronto police, deplores John Allore, author of a podcast on the unsolved murders of young women in Quebec who is preparing a book on the same subject.

On the SPVM website, investigators broadcast four unresolved homicide files in the hope that the public will have information to share with them.

On the Toronto Police Service website, the investigators broadcast 598.

“The SPVM has more than 800 unsolved murders on their hands, and it asks the public for help for four of them?”, John Allore remarks, author of the podcast Who Killed Theresa? on the unsolved murders of young women in Quebec.

“How do you feel if you are a parent, child or relative of one of the other 796 people killed in Montreal whose murderer was never arrested? “

For John Allore, the unresolved homicides have a particular resonance: his sister Theresa Allore was found dead at the age of 19 in 1979 in Compton, in the Eastern Townships. She went missing the year before. Her wallet had been found several kilometers from the remains.

Since then, Mr. Allore and his family have fought to have the police force in charge of the investigation, the Sûreté du Québec in their case, do more to solve the crime. He notes that several police forces in Quebec have been negligent in many cases – including that of his sister – by throwing away or misplacing evidence over the years.

Through his blog and podcast, Mr. Allore has built relationships with the families of several other unresolved homicide victims. Talking to them allows him to have an overview of police work in multiple files, and what he sees discourages him.

Mr. Allore mentions the case of a young girl who was an attempted strangulation victim with her skipping rope in Montreal in 2014. “The SPVM lost the skipping rope and the dress the girl was wearing when she was assaulted. “

“In Quebec, I documented at least 10 cases where the victims’ families were told by the police that evidence had been misplaced or destroyed, and this was holding them back in their investigation. We are talking about the SPVM, the SQ, the Laval police, and Longueuil. It’s serious. “

“Personally, I no longer trust investigators,” says Allore.

In the case of murders where the abuser did not know the victim, and particularly when the victim was a woman, the record of the Quebec police is deplorable, he says.

A CBC analysis of homicide resolution rates between 1976 and 2015 by the various police forces in Canada seems to support it. In this ranking, the Montreal police comes in last place, with a resolution of 65.3%. The penultimate place is the Laval police, with a resolution rate of 67.1% – results attributed by the police to the high proportion of murders and mafia-related murders, which are typically more difficult to resolve. The SQ is doing better, with 80.5%.

The police respond

For Detective Sergeant Emmanuel Anglade, supervisor in the SPVM’s communications and media relations division, we must not make any link between the number of files distributed by the SPVM on his site and the work done by the investigators.

“I can not comment on what’s happening in Toronto, but we’re going to continue to work as we work right now. We focus our efforts on certain issues, which are selected based on investigative elements that can be sought, or that can be explored further. “

Mr. Anglade noted that cases that are not posted on the site are not closed. ” The investigation is still ongoing. There is no investigation that is closed until the case is resolved. “

For its part, the Sûreté du Québec assigned 25 investigators to unresolved murders at the beginning of 2018. Each investigator is responsible for approximately 30 files.

More than 700 unresolved murders are on file at the SQ. On the SQ website, 104 unsolved murders are posted.

For Lieutenant Hugo Fournier, the goal of the Sûreté du Québec is to have 100% of the files posted on the site.

“In early December, we added 16 new files to our site,” he says. It is quite laborious as work, because we have to get the family’s agreement in each case. “

Lieutenant Fournier notes that it is not because a file is not posted on the site that the investigators do not actively work on it.

“We tend to improve our site, but we must take the time to do things right. “

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Meurtres non résolus: «Je ne fais plus confiance aux enquêteurs»

Pour John Allore, les homicides non résolus ont une... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, La Presse)

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Pour John Allore, les homicides non résolus ont une résonance particulière : sa soeur Theresa Allore a été retrouvée sans vie en 1979 à Compton, dans les Cantons-de-l’Est.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

NICOLAS BÉRUBÉ 
La Presse 

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) diffuse moins de 1 % des dossiers de meurtres non résolus sur son site internet, contre une cible de 100 % pour la Sûreté du Québec (SQ) et la police de Toronto, déplore John Allore, auteur d’un balado sur les meurtres non résolus de jeunes femmes au Québec et qui prépare un livre sur le même sujet. 

Sur le site internet du SPVM, les enquêteurs diffusent quatre dossiers d’homicides non résolus dans l’espoir que le public ait de l’information à leur communiquer.

Sur le site du Service de police de Toronto, les enquêteurs en diffusent 598.

« Le SPVM a plus de 800 meurtres non résolus sur les bras, et il demande l’aide du public pour quatre d’entre eux ?, s’étonne John Allore, auteur du balado Who Killed Theresa ? sur les meurtres non résolus de jeunes femmes au Québec.

« Comment vous sentez-vous si vous êtes un parent, un enfant ou un proche de l’une des 796 autres personnes tuées à Montréal dont le meurtrier n’a jamais été arrêté ? »

Pour John Allore, les homicides non résolus ont une résonance particulière : sa soeur Theresa Allore a été retrouvée sans vie à l’âge de 19 ans en 1979 à Compton, dans les Cantons-de-l’Est. Elle avait été portée disparue l’année précédente. Son portefeuille avait été retrouvé à plusieurs kilomètres de sa dépouille.

Depuis, M. Allore et sa famille se sont battus pour que le corps policier chargé de l’enquête, la Sûreté du Québec dans leur cas, en fasse plus pour résoudre le crime. Il note que plusieurs corps policiers québécois ont fait preuve de négligence dans de nombreux dossiers – dont celui de sa soeur – en jetant ou en égarant des éléments de preuve au fil des ans.

Grâce à son blogue et à son balado, M. Allore a tissé des liens avec les familles de plusieurs autres victimes d’homicides non résolus. Leur parler lui permet d’avoir une vision d’ensemble du travail des policiers dans de multiples dossiers, et ce qu’il voit le décourage.

M. Allore mentionne le cas d’une fillette qui a été étranglée avec sa corde à sauter à Montréal en 2015. « le SPVM a égaré la corde à danser et la robe que portait la fillette quand elle a été tuée. »

« Au Québec, j’ai documenté au moins 10 cas où les familles des victimes se sont fait dire par les policiers que des preuves avaient été égarées ou détruites, et que cela les freinait dans leur enquête. On parle du SPVM, de la SQ, de la police de Laval, de Longueuil. C’est grave. »

« Personnellement, je ne fais plus confiance aux enquêteurs », dit M. Allore.

Dans les cas de meurtres où l’agresseur ne connaissait pas la victime, et particulièrement quand la victime était une femme, le bilan de la police québécoise est déplorable, dit-il.

Une analyse effectuée par la CBC des taux de résolution des homicides entre 1976 et 2015 par les différents corps de police au Canada semble lui donner raison. Dans ce palmarès, la police de Montréal arrive en dernière place, avec un taux de résolution de 65,3 %. En avant-dernière place se trouve la police de Laval, avec un taux de résolution de 67,1 % – des résultats attribués par les policiers à la forte proportion de meurtres liés aux gangs de rue et à la mafia, typiquement plus difficiles à résoudre. La SQ s’en tire mieux, avec 80,5 %.

La police répond

Pour le sergent-détective Emmanuel Anglade, superviseur à la division des communications et relations médias du SPVM, il ne faut pas faire de lien entre le nombre de dossiers diffusés par le SPVM sur son site et le travail effectué par les enquêteurs.

« Je ne peux pas commenter ce qui se fait à Toronto, mais nous, pour le moment, on va continuer à travailler comme on travaille. On concentre nos efforts sur certains dossiers, qui sont sélectionnés en fonction d’éléments d’enquête qu’on peut aller chercher, ou qu’on peut approfondir. »

M. Anglade note que les cas qui ne sont pas affichés sur le site ne sont pas fermés pour autant. « L’enquête est toujours en cours. Il n’y a pas d’enquête qui est fermée tant que le dossier n’est pas résolu. »

De son côté, la Sûreté du Québec a affecté 25 enquêteurs aux meurtres non résolus en début d’année 2018. Chaque enquêteur est responsable d’une trentaine de dossiers environ.

Plus de 700 meurtres non résolus se trouvent dans les dossiers de la SQ. Sur le site de la SQ, 104 cas de meurtres non résolus sont affichés.

Pour le lieutenant Hugo Fournier, l’objectif de la Sûreté du Québec est d’avoir 100 % des dossiers affichés sur le site.

« Début décembre, nous avons ajouté 16 nouveaux dossiers sur notre site, dit-il. C’est assez laborieux comme travail, car nous devons obtenir l’accord de la famille dans chacun des cas. »

Le lieutenant Fournier note que ce n’est pas parce qu’un dossier n’est pas affiché sur le site que les enquêteurs n’y travaillent pas activement.

« On tend à améliorer notre site, mais il faut prendre le temps de bien faire les choses. Il y a des familles qui sont en attente de réponses depuis longtemps. »

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Let Them Be Hunted Soundly – WKT2 #28

I am honoured to receive the Senate Sesquicentennial Medal “in recognition of my valuable service to the nation.”

But fortune is a wheel…

Site of pizza parlor where Sharron Prior was headed 1975

Andree Bechard, Pierre Boisvenu and Michel Bergeron

Madame Colette Roy, former Mayor of Lac Magantic

Bikers Against Child Abuse


Music / Let Them Be Hunted Soundly – WKT2 #28

I was originally also going to use Depeche Mode and Queen’s Get Down Make Love. I cut way back.

The music is De Natura Sonoris from The Shining, because it references so much we’ve used / talked about: Beatles Day In A Life, Pedro The Lion Winners, Pat Metheny, ELO, Genesis’ Revine (which references Ken Burns’ Vietnam), Syd’s I’ve Got A Bike (then Floyd’s Time).

I wanted to go back to something simpler, not so polished… my old (not-so-confident, stuttering ) self. Where you’re not completely sure where the soundtrack will come in = tension:

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The Survivor Experience – Sherbrooke Record, November 27, 2018

This is the full editorial in today’s Sherbrooke Record I wrote for 16 Days of Action to End Sexual and Gender-based Violence:

There’s a case of an unsolved murder of a 19-year-old CEGEP student from Jonquière, Quebec.  On the morning of April 28, 2000, Guylaine Potvin was found dead in her basement apartment near the college campus. Elements of the investigation have shown certain similarities with another file concerning an event in Sainte-Foy in July 2000, in which another student living alone was assaulted in her apartment. This student – who was left for dead – was more fortunate, she survived.

Last Spring the survivor of the second assault reached out to me.  She had heard that I had a website and podcast where I regularly feature obscure and forgotten Quebec cold cases and illuminate them.  She asked if I would consider doing a program recounting the events of her own sexual assault, and the murder of Guylaine. Like many survivors, after 18 years, she was still looking for answers.

I spent many weeks considering the matter. I made many excuses and arguments about why this was a bad idea. My podcast is in English, its largest audiences are in Australia, the United States and the United Kingdom.  Too much time had passed, the cases couldn’t be solved.  She countered that none of that mattered. The cases had been featured in the French media, but largely ignored in Quebec English communities. Besides, police had once been tracking a suspect who resided in the United States; we might get lucky. She continued that she’d given up with the usually channels of investigation; discouraged by the apathy of police, tired of endless interactions with social services intake “specialists”, she’d take her chances with me.

One more obstacle. I took the matter to Kathryne Owen of the Lennoxville & District Women’s Centre.  I explained the situation, my reluctance to become involved, the very real fact that I have absolutely no training in the interaction with sexual assault survivors. Kathryne argued that she wasn’t surprised that the victim approached me given my history of championing cold cases. I didn’t need training, just the willingness to offer a sympathetic and non-judgmental ear.

So that’s what I did. Over the summer we got to know each other. I’d ask questions, if something was too personal, we mutually agreed that she did not have to respond.  We started with a name. I call her Isabeau, though that’s not her real name.  After a painstaking and graphic, iterative process, one day Isabeau sent me a poem describing her experience. She offered,  “you can read it on the podcast if you like.”

The poem is a stunning expression of the survivor experience. I insisted that I could not read it, she must record it. After many refusals, she eventually did:

Je me souviens d’une voix de femme : « Reste avec nous ». 

Qui est-elle ? 

Pourquoi me dit-elle ça ? 

 Où suis-je ? 

 

Je me suis ouvert les yeux, une pièce inconnue, l’hôpital, un médecin.

J’ai demandé une seule question : « Qu’est-ce qui s’est passé ? »

Comme seule réponse : « Tu es arrivée avec des policiers, tu leurs parleras plus tard ». 

« Non, tout de suite ».

Épuisée, désorientée, j’ai flanché.

 

Un homme, debout près de moi : « Je suis policier »

« Dis-moi qu’est-ce qui s’est passé ? »

Une réponse, celle que je ne voulais pas : « Je ne le sais pas »  

« Comment on va faire pour le savoir ? »

Je me souviens de la feuille de déposition, du crayon, de la tablette improvisée.

Je me souviens de ma question : « Tu veux que j’écrive quoi ? » 

J’ai écrit, peu.

 

Je dormais dans mon lit, dans ma chambre.

Je me souviens de tes mains sur ma gorge. 

Je me souviens de ton odeur.

Je me souviens de toi. 

 

Épuisée, désorientée, j’ai flanchée.

 

J’ai ouvert les yeux.

Une nouvelle pièce : où suis-je ? 

Qu’est-ce qui s’est encore passé ? 

Devant moi, un policier, le même.

Ses yeux bleus, muets.

Sur la table du lit, une boîte blanche.

« Qu’est-ce qu’il y a dans la boîte ? » 

J’ai cru qu’on m’emmenait une réponse,

 Une trousse médico-légale.

 

Un nouveau policier pour prendre des photos de mes blessures.

Je n’arrive pas à bouger, lui a photographier.

“Place-moi comme tu veux, je ne peux pas t’aider” 

“Tu me dis si je te fais mal” ;  j’ai rien dit. 

Épuisée, j’ai flanchée.

 

Examen gynécologique.

Je n’arrive pas à bouger. 

Une médecin, enceinte, à genoux sur le pied du lit.

“Ok, vient, on va le faire comme ça”

Elle me tire par les jambes.

Épuisée, j’ai flanchée.

 

Un appel du policier 

« J’ai des collègues qui veulent te parler » 

Un espoir : on t’a trouvé.

On m’a montré une photo.

Jeune, belle, souriante. 

Tu l’avais choisie elle aussi.

Elle ne se souviendra jamais, elle, de tes mains, de ton odeur. 

J’ai compris : on te cherchait déjà. 

 

L’enquête.

L’espoir, les jours, les cris, les pleurs.

Des amis questionnés, partis.

Le désespoir, une promesse : « On se boira du porto ».

Des maladresses : « Dans l’autre cas, au moins on a une autopsie » 

Des départs, un cold case.

Et la vie, encore la vie.

 

18 ans déjà.

Je me souviens de chacune des nuits de rage.

Je me souviens d’elle, de chacune de ses photos : 

son gâteau d’anniversaire, son chat.

La couleur de son carnet de téléphone, ses gribouillis, son écriture.

 

Je me souviens des yeux du policier : bleus, muets.

Je me souviens de ma question.

Je me souviens de ton odeur.

To hear the poem recited by Isabeau listen to the podcast here:

 

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Mélanie Decamps : souvenirs douloureux et révélations inédites

L’histoire originale du Nouvelliste / l’assassinat de Mélanie Descamps par Stéphane Lévesque: WKT2 #27:

Mélanie Decamps : souvenirs douloureux et révélations inédites

Mélanie Decamps : souvenirs douloureux et révélations inédites

Une foule de bénévoles ainsi qu’un hélicoptère dans le but de retrouver Mélanie Decamps.

Crédit photo : Société d’histoire de Drummond, fonds de La Parole

(Par Stéphane Lévesque, collaboration spéciale)

JUSTICE. Camping du parc des Voltigeurs, 9 août 1983. Une mère s’absente quelques minutes. À son retour, sa fille, Mélanie Decamps, est disparue. Douze jours plus tard, la fillette sera retrouvée morte, bâillonnée et attachée à un arbre. Retour sur ce tragique événement survenu il y a 35 ans.

Le mardi 9 août 1983 est une belle journée ensoleillée à Drummondville. Elle va cependant s’assombrir rapidement.

«J’étais au travail quand l’appel est entré», se souvient Gilles Thériault, le responsable du poste de la Sûreté du Québec (SQ) à Drummondville à cette époque.

Sans tarder, des patrouilleurs se rendent au terrain de camping du parc des Voltigeurs pour rencontrer les parents et effectuer, en vain, des recherches aux alentours. Le périmètre de recherche s’agrandit et une demande d’assistance est adressée au niveau du district. C’est maintenant les crimes contre la personne qui s’occupe de l’affaire.

Un groupe de bénévoles fouillant de fond en comble le parc des Voltigeurs pour retrouver Mélanie Decamps, disparue à Drummondville en 1983. (Photo : Société d’histoire de Drummond, fonds de La Parole)

«On avait une disparition ou un enlèvement. À ce moment-là, on ne le savait pas encore», fait observer M. Thériault.

«Je faisais des vérifications régulières au poste de police», se rappelle Gérald Prince, journaliste à La Tribune pendant 27 ans et dans de nombreux hebdos qui ont jalonné l’histoire de Drummondville. «Ce jour-là, j’appelle et on me dit qu’une petite fille est disparue au parc des Voltigeurs. J’ai tout de suite envoyé un texte à La Tribune. Ç’a passé le lendemain matin dans le journal.»

À la recherche de Mélanie

Rapidement, l’équipe de la SQ en provenance de Trois-Rivières s’installe au poste de Drummondville. Barrage routier, plongeurs dans la rivière Saint-François, fouille complète du parc et des environs, tout sera déployé pour retrouver la petite Mélanie. C’est Michel Beaudoin qui est responsable de l’opération.

L’enquête s’amorce. «Premièrement, nous avons rencontré à nouveau Jacqueline Decamps, la mère de Mélanie. Elle m’explique qu’elle est allée au dépanneur du camping pendant 15 minutes en laissant sa petite fille sur une balançoire. À son retour, l’aînée de ses trois enfants n’était plus là. Après, on a fait le tour du parc et des environs. Rapidement, on a diffusé une description de la petite fille», se rappelle Michel Beaudoin.

Dès le lendemain de la disparition de la fillette de cinq ans, un témoin rapporte qu’il a vu, le 9 août, une petite fille tenant la main d’un homme à proximité du pont de fer qui enjambe la rivière Saint-François. Sur la base de cette observation, un portrait-robot est établi et diffusé. À la vue de celui-ci, un informateur déclare : «Ce gars-là, il ressemble à Michel Déry».

Ne faisant ni un, ni deux, Michel Beaudoin charge un de ses enquêteurs de rencontrer l’homme de 24 ans demeurant à Drummondville. Le policier revient faire rapport à l’enquêteur en chef : «Oublie ça, c’est pas lui pantoute. C’est un p’tit nono religieux qui parle de la Bible, pis toute sorte de patentes», avait-il lancé.

Les parents de Mélanie, Jacqueline et Daniel Decamps, en conférence de presse et lançant un appel à l’hôtel de ville de Drummondville. (Photo : Société d’histoire de Drummond, fonds de La Parole)

Gilles Thériault, dans les jours suivant la disparition, croisera également la route de Michel Déry au poste de police de Drummondville. «Une journée, je me rappelle, je sors de mon bureau, je vois un jeune homme assis-là. En passant, je demande : “Qui s’occupe de ce monsieur-là? Est-ce que c’est un visiteur. Quelqu’un qui vient pour une plainte?” Puis, un policier de Nicolet arrive. “C’est notre client. C’est une arrestation pour un vol d’auto. On monte avec pour le faire comparaître”. C’était un jeune homme qui avait l’air d’un enfant. Il était très petit. Ça reste de même. Il a comparu et il a été libéré. C’était Michel Déry, mais il n’était pas connu de la police à ce moment-là», se souvient-il avec précision.

Le vendredi 12 août, une conférence de presse avec Daniel et Jacqueline Decamps, les parents de Mélanie, s’organise. Gérald Prince et des journalistes de Montréal y étaient.

«Dès que les gens voyaient un homme avec une petite fille, ils le signalaient à la police. C’était devenu une vraie folie. Il y avait même des diseurs de bonne aventure qui se prononçaient. Ça dépassait la raison. C’était vraiment une période où il y avait beaucoup de stress dans la population. Je le sentais», indique le journaliste drummondvillois.

Beaucoup d’appels sont acheminés aux autorités policières. M. Beaudoin cite en exemple : «”La petite fille est icitte, mais je veux deux billets pour Diana Ross pis 200 piastres”. Des ostie de patentes de même», dévoile-t-il dans son langage coloré. Bien que non crédible à première vue, chacune des informations recueillies est analysée. «On était à peu près 100 qui travaillaient là-dessus. À Drummondville, mais aussi à Montréal, à Chibougamau, partout à travers la province, c’était le dossier de l’année. Des enlèvements d’enfants de même, il n’y en avait pas tous les jours.»

Malgré les efforts déployés, on n’a toujours pas de nouvelles de Mélanie Decamps. C’est un hasard, mais surtout un enquêteur de talent qui va résoudre l’affaire : Jean-Paul Prince. Dans l’après-midi du 20 août, il roule dans les rues de Trois-Rivières, après avoir été dépêché sur une scène de crime à Louiseville, avec un collègue trifluvien. «J’allais le reconduire à sa résidence. En descendant, un moment donné, mon confrère me fait remarquer qu’il y a un gars qui ressemble à Michel Déry qui fait du pouce. Il est sur le boulevard des Chenaux à Trois-Rivières. On s’est arrêté. J’ai ouvert ma fenêtre et je me suis identifié. C’était bien lui.»

Jean-Paul Prince invite Michel Déry à bord et une conversation s’amorce, en route vers Drummondville. «Je lui parlais de filles pour voir qui il était. Je lui racontais toutes sortes d’histoires. Je lui ai dit que j’avais déjà arrêté du monde qui avait commis des meurtres, mais que ces individus-là, ce n’est pas toujours de leur faute. S’ils ont tué c’est parce qu’ils sont malades», révèle M. Prince.

En lui faisant des confidences sur le plan personnel, il tente de l’amadouer. «Il m’a confié qu’il avait été battu par ses parents. Il se faisait jeter dans la cave. Il m’a dit qu’il était resté à Saint-Léonard-d’Aston et qu’il était demeuré un moment donné sur la Rive-Sud de Montréal». Une information qui ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd et qui sera utile ultérieurement.

Un groupe de personnes à l’endroit où le corps de Mélanie Decamps a été retrouvé attaché à un arbre à sept kilomètres du parc des Voltigeurs. (Photo : Société d’histoire de Drummond, fonds de La Parole)

Progressivement, peu avant la sortie 181, Jean-Paul Prince se met à parler de la petite Mélanie Decamps. Puis, le policier se dirige vers le parc des Voltigeurs. Il y avait là une clôture brisée où l’équipe d’enquêteurs présumait que le suspect s’était esquivé avec la fillette. Arrivé devant, c’est à cet instant que le policier dit : «C’est ici que la petite fille a été enlevée et qu’elle est sortie par-là». Rapidement, il constate que Déry est nerveux. L’homme sur lequel l’étau se resserre ne se sent vraiment pas bien dans sa peau. Jean-Paul Prince revient à la charge en lui demandant s’il l’a enlevée et tuée.

«Il a répondu faiblement : “Oui, mais je l’ai pas tuée, pas tuée!”» relate M. Prince.

L’enquêteur tente de se faire rassurant en lui évoquant la possibilité qu’elle soit encore en vie. L’ayant convaincu qu’elle n’était pas décédée, Jean-Paul Prince amène Michel Déry au poste.

D’autres détails fusent en chemin vers le lieu où se trouverait Mélanie Decamps. Michel Déry explique aux enquêteurs qu’au départ, il avait amené jouer la fillette dans un parc et qu’ensuite, il l’avait amenée chez lui, dans son appartement du 285 rue Brock où ils ont dormi. À ce sujet, les différentes discussions avec Déry et l’état dans lequel a été découvert le corps n’ont pas permis de conclure qu’il y avait eu agressions sexuelles sur l’enfant. Toujours selon ce qu’a rapporté l’homme de 24 ans, le lendemain, le 10 août 1983, il souhaitait ramener Mélanie au parc des Voltigeurs. En voyant les hélicoptères déployés par la SQ dans le ciel, il a eu peur. Il est entré dans un bois, près du chemin Hemming, ramassé des rubans servant à identifier des arbres puis a attaché la jeune Decamps à un arbre, à quelques kilomètres au sud du pont Curé Marchand, près des tours d’Hydro-Québec, à environ 300 mètres de la fin de la rue Reid.

Un groupe de personnes de la SQ en conférence de presse, dévoilant l’endroit exact où a été retrouvé le corps de Mélanie Decamps. (Photo : Société d’histoire de Drummond, fonds de La Parole)

En raison de la noirceur, la recherche ne trouvera pas son aboutissement. Le lendemain, à 5 heures du matin, les recherches reprennent avec d’autres policiers en renfort et l’escouade canine. Des équipes arpentent la forêt, secteur par secteur. On quadrille systématiquement la zone de forêt indiquée par Michel Déry. En raison de forts vents qui nuisent à la détection des odeurs, c’est seulement en soirée, à 21 h30, que Mélanie Decamps est retrouvée morte attachée à un arbre avec ses bas enfoncés dans la gorge et un bandeau sur la bouche. Ces informations viennent en contradiction avec la rumeur voulant que Déry l’ait attachée pour «jouer» et qu’il l’ait «oubliée» où il l’avait laissée. Pour Jean-Paul Prince, il est très clair qu’il l’a attachée et étouffée. «C’est sûr qu’il l’a étranglée.»

La vue de la fillette attachée, gonflée par des journées d’exposition à la chaleur, n’est pas sans provoquer des réactions de rage et de colère.

«Ça marque quand tu vois ça sur place (…) Pour tous les policiers qui sont allés jeter un coup d’œil, au moins 80% sont revenus avec la larme à l’œil. Moi, le premier», témoigne avec émotions Gilles Thériault.

Le procès

Le 22 août 1983, Michel Déry est amené au Palais de justice de Drummondville sous forte escorte policière pour sa comparution où il est formellement accusé de meurtre au premier degré, de l’enlèvement et de la séquestration de Mélanie Decamps. Le procureur de la Couronne, Me Alain Perreault, recommande au juge Yvon Sirois que le prévenu subisse un examen psychiatrique. Déry est jugé apte à subir un procès. L’homme de 24 ans, par l’intermédiaire de son avocat, Me Yves Bolduc, opte pour un procès avec jury.

Le journaliste Gérald Prince se rappelle que des gens l’attendaient à l’entrée du tribunal et l’invectivaient. À l’intérieur, dans la salle de cour, M. Prince rapporte que Michel Déry avait l’air absent.

Michel Déry lors de sa comparution devant le juge Sirois à la salle d’audience du palais de justice pour le meurtre de Mélanie Decamps. (Photo : Société d’histoire de Drummond, fonds de La Parole)

Cette absence, cette folie, cette aliénation mentale supposée sera au cœur des débats présidés par le juge Pierre Pinard. Différents spécialistes, psychiatres et psychologues témoigneront sur la capacité de Michel Déry à distinguer le bien du mal. C’est finalement pour la thèse de la non-responsabilité qu’optera le jury après moins de quatre heures de délibération, le 28 mai 1984.

Déry revient dans l’actualité le 12 juillet 2001 lorsqu’il a réussi à fausser compagnie aux gardiens de l’Institut Pinel, dans le cadre d’un programme de réinsertion sociale. Il a vite été retrouvé et ramené à l’établissement.

Cet acquittement pour aliénation mentale, 35 ans plus tard, laisse toujours un goût amer chez les intervenants rencontrés, dont Jean Fortier. «Je n’ai jamais cru ça l’aliénation. Pas assez fou pour mettre le feu, mais pas assez fin pour l’éteindre. Il était entre les deux», souligne celui qui a couvert l’entièreté du procès pour l’hebdomadaire Allo-Police.

Bref, la disparition et la mort de Mélanie Decamps ont profondément marqué la population. Tant pour Michel Beaudoin que pour Jean-Paul Prince, c’est le dossier le plus marquant de leur longue carrière dans les forces de l’ordre. «C’est l’enquête qui m’a le plus touché. Ça m’a marqué parce que c’est un enfant. Quand tu côtoies les parents comme on les a côtoyés, on vit leur peine. Ça fait 35 ans et j’y pense encore», dit Jean-Paul Prince d’une voix basse empreinte d’émotions.

Soulignons en terminant que l’auteur de ces lignes a tenté en vain de joindre les parents de Mélanie Decamps. Seule une cousine a été informée de la publication de cet article.

Michel Déry, un récidiviste?

Bien que Michel Déry soit détenu, les enquêteurs de la Sûreté du Québec, Michel Beaudoin et Jean-Paul Prince, continuent d’investiguer. C’est ainsi qu’on apprend qu’au parc des Voltigeurs, deux ans auparavant, une petite fille était disparue, mais avait été vite retrouvée.

«La femme qui s’est fait enlever son enfant n’a pas porté plainte à la police parce qu’elle était avec son amant au camping! En portant plainte, elle aurait été obligée de dire avec qui elle était. Michel Déry, c’est lui qui avait enlevé cette petite fille-là», affirme sans ambigüité Michel Beaudoin.

Jean-Paul Prince se rappelle également avoir été rencontré Michel Déry à la prison de Sherbrooke durant le procès. «On a fait sortir tous les cas non élucidés dans la région et les environs. Il y a un autre cas qui est ressorti à Saint-Hubert : Chantal de Montgayard».

Une discussion amènera Déry à avouer que c’est lui qui avait enlevé la petite fille de quatre ans alors qu’il était adolescent. Selon ce qu’il a indiqué aux enquêteurs, le 4 juin 1972, il l’avait amenée dans un petit bois derrière une église à Saint-Hubert, l’avait attachée après «un ti n’arbre», mais ne l’avait pas tuée, selon ses dires. À l’exception du lieu, c’est un scénario qui ressemble à s’y méprendre à celui de Mélanie Decamps.

Les policiers d’expérience que sont MM Beaudoin et Prince ont évidemment validé la véracité de cette confession. Il faut savoir que dans ce type de dossier criminel, il y a des informations qui ne sont jamais communiquées aux médias. Une de celles-ci, dans le cas de Chantal de Montgayard, c’était la couleur de ses sous-vêtements.

«Il nous a donné la couleur des petites culottes de Chantal de Montgayard et c’était exact. Quand l’enquête a été effectuée à l’époque, en 1972, il n’avait pas été rencontré, car les parents de Déry étaient déménagés à Saint-Léonard-d’Aston quelques jours plus tard. Le corps n’a jamais été retrouvé. Effectivement, il y avait un petit boisé en arrière de l’église, mais ç’a été déboisé pour construire des maisons. On a parlé au procureur de la Couronne, mais comme il a été acquitté dans un cas, ça n’aurait pas donné grand-chose de l’accuser dans un autre. Et à part sa déclaration et sa connaissance de la couleur des sous-vêtements, on n’avait rien pour corroborer», divulgue un Jean-Paul Prince qui croit que Michel Déry a minimalement deux meurtres à son actif.

 

 

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Mary Gallagher – The Ghost of Griffintown / WKT2 #26

 

By the pricking of my thumbs, 
Something wicked this way comes:

 

242 William Street, where Mary Gallagher was beheaded

 

Prostitutes cavorting with swells. 1879

 

 

The Lachine Canal circa 1879

 

 

Wellington Street, Point St Charles circa 1879

 

 

Dorchester street circa 1879

 

 

242 William Street in Griffintown, Montreal 2017

 

How a Dismembered Montreal Sex Worker Became a Sensation, Then a Ghost, and Now a Fading Legend

Why Mary Gallagher’s brutal murder became a Montreal ghost story.

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There’s nothing to see at the spot where 242 William Street once stood: just an empty lot, across from the modern École de technologie supérieure, in Montreal’s Griffintown district. The odd row of narrow duplexes and brick mixed-use buildings lining nearby side-streets are only shadows of what used to be a bustling, crowded, chaotic working-class, largely Irish neighbourhood that grew north of the Lachine canal in the 19th century.

Griffintown was not an atypical 19th Century industrial slum. It was filled with warehouses, flour mills, smelting works, taverns and stables, and populated by a countless number of families, labourers, transients and prostitutes. And none of them would go on to achieve more notoriety than Mary Gallagher, an aging drunken woman who would end up with her head in a bucket and her body in a wash of blood one June morning in 1879.

The story of Mary’s murder has long outlived both her and the neighbourhood in which she lived and died. It’s unique in Montreal lore, a legend that grew out of all its component parts: the ghastly nature of the crime itself, the sensation it created at the time, the vividness with which the local Irish population recounted the story to new generations—all of these were the building blocks of an industrial-era folktale borne out of the streets. The same streets Mary was said to prowl every seven years, searching for her missing head, if the ghost story is to be believed.

The crime itself was unusual for several reasons, not least of which was its brutality. It was also rare: according to one authority on the case, the last murder committed in Montreal was committed in 1877, two years prior.

Adding to the story’s longevity is the identity of the murderer: not an outraged husband or lover, or a violent thief or john, but a friend and fellow prostitute named Susan Kennedy (sometimes known as Susan Kennedy Mears or Myers) with whom she’d spent the morning drinking whiskey.

Here’s what happened.

Sometime between 6 and 7 AM on June 27, 1879, Mary Gallagher and a companion, Michael Flanagan, arrived at the home Susan Kennedy shared with her husband, Jacob Mears (sometimes spelled Myers or Meyers) at 242 William Street, at the corner of Murray. Kennedy said the two had been drinking but didn’t appear to be drunk.

Mary was in the habit of dropping in on the Mears’, Kennedy would testify later, but rarely with company. Jacob Mears was said to be furious at her showing up with a man in tow and left, leaving Kennedy alone with Gallagher and Flanagan. Kennedy soon went out to procure a bottle of whiskey. The home was on the second floor of a two-storey building, and consisted of two rooms: a front bedroom facing William Street and a back room with chairs, table and slop bucket.

Before long, Kennedy returned with a bottle. The three went through most of it and Flanagan, feeling woozy, went into the front room to lie down. Kennedy went in after him, where, Flanagan told the coroner’s inquiry, they talked for about 15 minutes until they were interrupted by Kennedy’s husband, Mears.

“Oh, you are in a room with a man!” he yelled at his wife, per Flanagan. “Shut your mouth, I am only talking to him,” she barked back. He said he would not be in a house where whiskey is being drunk and stormed off once more.

The Montreal Weekly Witness described the happy couple this way: Mears was “an inoffensive man who is rarely, if ever, under the influence of liquor” and “would be rather handsome if behind [his face] intelligence shone instead of stupidity.” His wife, however, is “a tall, powerfully built woman and when under the influence of liquor talks in a silly manner, and some believe her to be insane.” She is “evidently regarded with terror” in the neighbourhood and is well-known to police. “Several policemen stated she was a most difficult character to arrest.” As to her looks, “her countenance, although now defaced with drink, has from appearance not been altogether devoid of beauty.” At the time of the murder, Kennedy was in her mid-twenties.

Flanagan testified that he and the two women then finished what was left of the whiskey before he collapsed in the front room. He said that at the time he turned in the second time, the conversation between the two women remained friendly.

That’s when everything gets hazy.

Flanagan said he woke up a few hours later, around 2 p.m., and asked for a drink of water. Kennedy fetched him one. He then asked her if they should go out for a beer. They argued briefly about money, and Flanagan got up to leave. On his way out, he says he saw Gallagher in the other room, “lying upon her breast. Her feet were turned towards me.” He saw no blood, either on the floor or on Kennedy, and hurried off without speaking further to her, being “in too great a hurry to get something to drink.” He said Kennedy seemed calm but quiet.

Kennedy told a different story. She said she went into the bedroom after Flanagan, and fell asleep on the floor beside him. At some point, she heard Gallagher invite another man into the house, and the pair drank some more. Kennedy said she vaguely knew the stranger, but could not recall his name. After falling back asleep, she woke up and heard the two arguing: “He called her an old grey-haired rot. He said she took him to an ( sic) hotel one night to sleep, and that he had thought her a much younger woman,” Kennedy told the coroner’s inquiry. (Although initially believed to be around 60, Gallagher’s estranged husband said she was in fact only 38.)

Kennedy went back to sleep. When she woke up, the young man was gone and Gallagher was dead.

“When I saw her I got such a fright that I fell upon the floor,” she said. “She was lying on her breast. Her body was next to the door with the feet pointing to the street. Her head was in the tub, also one of her hands. (pause) I am not sure but that this hand was on the floor. I went to call the police but I was too weak.” She added that Flanagan saw the body after he’d woken up and ran off.

Her husband arrived soon after, saw the gore and then fled to get the police.

When the police arrived, Kennedy, whose clothes were stained with Gallagher’s blood, swore she was innocent. She said she tried to clean up the blood that had pooled on the floor but slipped and fell in it. She also insisted Flanagan was innocent.

According to a policeman quoted in the Weekly Witness, Kennedy told them that “a man came into the house Friday morning and gave her (Kennedy) some money, which, arousing the jealousy of the deceased, the latter and the man had a quarrel and the man killed her. She said she saw the man wash the blood from his hands and clear out. Before going he warned her not to tell the police. She did not know the man’s name, and was glad he had escaped because he was a good-looking fellow.”

By then, a crowd had formed outside the house and police struggled to manage it. The Weekly Witness reporter eventually got inside 242 William and saw a “repulsive sight” that “will never be forgotten.”

“The headless trunk lay prostrate on the breast. The jags in the neck showed that a score at least of blows had been struck by some clumsy hand before the head had left the body. The maimed arm lay underneath the body, while the legs were extended in a perfectly natural position. A thin cotton dress with apparently little underclothing were on her. In a large bucket or wash tub nearby were the ghastly head and severed right hand. The grey hair could hardly be distinguished owing to the clots of blood on it, while several gashes across the forehead would indicate that she had received the first blow to the head. The blood had evidently been washed up.”

Police eventually found Jacob Mears’ hatchet, which he usually used for cutting firewood, covered in blood and bits of flesh and hair, inside the apartment. Flanagan and Kennedy were both arrested and tried for murder.

Following a trial by jury, well-attended by the public, Kennedy was found guilty. The evidence against her was pretty strong: one witness said the two women were heard arguing between 11:30 a.m. and 12:30 p.m., while Flanagan was passed out. Kennedy, the witness said, had been standing by the window “insulting passers-by.” When Gallagher tried to pull her away from the window, Kennedy said words to the effect of, “If you don’t leave me alone I’ll split your head open with an axe.” The Mears’ downstairs neighbour said she also heard what sounded like a body falling to the floor, chopping sounds and Kennedy saying, “I’ve wanted revenge for a long time, and I finally got it.”

After deliberating for an hour and a half, the jury pronounced her guilty though recommended clemency. That did not sway presiding Judge Monk, who said Kennedy “should not expect any pity on the parts of men.” He urged her to beseech God and beg forgiveness for her crimes, and sentenced her to hang on Dec. 5 of that year.

Kennedy, however, did not die that day. Her death sentence was commuted, and she was released from prison after 16 years. No one knows what happened to her after that.

Flanagan was not so lucky. In an extraordinary coincidence, on Dec. 5—the day Kennedy had been sentenced to hang—Flanagan was working aboard a boat in the Peel Basin when he missed his footing and fell into the water. He disappeared beneath the ice and drowned.

As for Mary Gallagher, she was buried in a pauper’s grave. But she lived on in the imaginations of generations of working class Irish who grew up in Griffintown, and remains a linchpin in the memory of the Griffintown Irish community.

Alan Hustak, a former reporter for the Montreal Gazette and author of The Ghost of Griffintown: The True Story of the Murder of Mary Gallagher, says it is not only the particularly gruesome facts of the case, but also the time and the place within which the murder took place that has helped the story survive for so long.

“This murder was extremely unusual,” he says. “Men murder women and women murder men, but the idea of one woman chopping off the head of another… you really can’t forget that, right?”

The fact that both perpetrator and victim were alcoholic sex workers probably added to the public interest. Not that they would have been unusual for the time, says Mary Anne Poutanen, a historian at McGill University who has studied 19th Century prostitution in Montreal.

As in most industrial age cities, urban prostitution was common, especially, though certainly not exclusively, in crowded slums like Griffintown. “Prostitution is all over the city,” she says. “From the streets where judges lived to every part of every class of neighbourhood. It’s everywhere.”

There was no official red-light district, Poutanen says, but there were areas where brothels and street-walkers were concentrated. They were often in poor and immigrant-heavy neighbourhoods, where men, unattached by family and without close acquaintances, could find temporary companionship in the arms of a woman, and a partner with whom they could enjoy a drink.

“There was a lot of alcoholism” among 19th Century sex workers, says Poutanen. “But you have to think about the importance of alcohol culturally, in daily life. It was safer to drink than it was to drink the water. But clearly … some women had huge problems with alcohol.”

So, says Hustak, “You had the shock value, and then you have the whole Irish tradition of banshees and ghosts. You have a cultural element to it.” Flanagan’s coincidental and untimely death accentuated the supernatural part of the story. “The whole story took on a whole different ghostly [aspect] within the Irish community.”

It did not take long before locals began swearing they saw Mary Gallagher’s ghost wandering around the intersection of William and Murray, looking for her head. Everyone in the tightly-knit neighbourhood knew the story of the murdered prostitute, and Irish parents would use the story as a way to threaten their children: eat your cabbage, or Mary Gallagher will come and get you. Eventually there arose a tradition that Mary would appear every seven years on the night of her murder, headless.

One Griffintown Irishman, Denis Delaney, told Hustak that as a child he was regularly warned against Mary’s ghost. If he was going by William and Murray, he’d walk on the opposite side of the street where 242 William once stood because Mary Gallagher might get him. Despite his precautions, Delaney told Hustak that he’d seen her ghost three times over the course of his life, the first when he was four years old.

“Denis was a real character and over beers one time he told me he had Mary Gallagher’s necklace,” he says. “He told me that one night [in 1956] he was walking down the street and this apparition appeared and it pointed to a tree. So he went to the tree and he pulled out this necklace and when he turned around, the apparition was gone and he knew immediately that it was Mary Gallagher’s necklace. I have to tell you that Denis drank a lot and had a great imagination and was Irish.”

There are next to no Irish left in Griffintown these days though, and most of the row houses and duplexes that were home to thousands of families, workers, soldiers and prostitutes have been knocked down or left to rot. Griffintown’s relentless decades-long decline is blamed on Montreal’s autocratic mayor Jean Drapeau, who revolutionized the city in the post-war years and decided that Griffintown, like other low-income, inner-city neighbourhoods, had to go. The area was re-zoned and starved of oxygen, until it withered almost to extinction.

But in the past few years Griffintown has been undergoing a radical rebirth, with glass tower condos mushrooming into the sky. New industries, including hip, expensive boutiques, are moving in. But Griffintown still lacks any kind of street-level warmth or sense of community. Mary Gallagher’s world is receding ever further into the past—but it hasn’t been entirely forgotten just yet.

“Mary’s story has survived because you could still stand on the corner [of where the murder took place,]” says author and musician Gern Vlchek. “But I don’t know how much longer it will.”

Vlchek wasn’t born in Montreal but spent two decades living in its southwest, an area encompassing Griffintown and other traditionally Irish and French-Canadian working class neighbourhoods like St-Henri, Little Burgundy, Point St-Charles and Verdun. His keen interest in his adopted city’s history, though, informed the song-writing of his previous band, the United Steelworkers of Montreal; they even recorded a song called The Ballad of Mary Gallagher. (Vlchek didn’t write that song, though. Their guitarist discovered the story on a custom placemat at one of Montreal’s Irish pubs and decided to put it to music.)

Griffintown, he says, “was a very historically present place. The history, up until about eight years ago, would slap you in the face, it was there. You didn’t, but you could almost expect to see the blood of Mary Gallagher on a sidewalk 100 years later, y’know?”

When asked if he thinks people will still remember Mary’s story in 50 years, Vlchek says, “It’s hard to say. Normally, these kinds of things would be enshrined in some local bar, but there are no local bars down there.”

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