Important redéploiement d’effectifs au SPVM

Le directeur du SPVM, Sylvain Caron, annoncera et... (Photo Olivier Pontbriand, archives La Presse)

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Le directeur du SPVM, Sylvain Caron, annoncera et exposera les grandes lignes de son plan de restructuration aux quelque 120 cadres de l’organisation policière, ce matin, lors d’une rencontre à Montréal

Daniel Renaud

Dans le but d’affecter les ressources là « où le besoin se fait le plus sentir », le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Sylvain Caron, annoncera aujourd’hui à ses 4000 policiers un important redéploiement d’effectifs, a appris La Presse.

Cette restructuration, appelée « Repositionnement stratégique opérationnel », prévoit entre autres la création d’une équipe complète d’enquêteurs se consacrant exclusivement à la résolution des meurtres non résolus, un ajout sensible d’effectifs à la division des agressions sexuelles et au module de lutte contre l’exploitation sexuelle, et le retour des sections d’enquête sur les stupéfiants sous l’égide de la Division du crime organisé.

« La criminalité évolue et nous voulons mettre des ressources là où elles seront optimales », a résumé une source policière à La Presse.

Le directeur du SPVM, Sylvain Caron, flanqué de ses directeurs adjoints, annoncera et exposera les grandes lignes de son plan aux quelque 120 cadres de l’organisation policière, ce matin, lors d’une rencontre à Montréal. Ces derniers devront par la suite rencontrer leurs troupes pour leur expliquer en quoi consiste le redéploiement.

Cette annonce est dans le droit fil des changements amorcés par le précédent directeur intérimaire de la police de Montréal, Martin Prud’homme, avant de retourner à la tête de la Sûreté du Québec à la fin de l’année dernière. 

Lors d’une tournée médiatique qui a suivi sa nomination en tant que directeur en décembre dernier, M. Caron avait commencé à lever le voile sur ce déploiement et sur l’ajout à terme d’effectifs, où les besoins étaient les plus criants, notamment aux agressions sexuelles.

Selon nos informations, cette section, et celle de la lutte contre l’exploitation sexuelle, devraient accueillir au moins une quinzaine d’enquêteurs supplémentaires, notamment pour assurer une meilleure coordination avec le registre national des délinquants sexuels, répondre à la demande croissante constatée dans la foulée du mouvement #moiaussi et des affaires Rozon et Salvail, et offrir un meilleur service aux membres des communautés autochtones victimes d’exploitation sexuelle. 

Meurtres non résolus

Il y aurait actuellement près de 800 meurtres non résolus dans les cartons des enquêteurs du SPVM, accumulés depuis des décennies.

Jusqu’à il y a quelques années, une poignée d’enquêteurs étaient encore affectés exclusivement aux meurtres non résolus (cold cases), mais ils ont pris leur retraite. Actuellement, ce sont les enquêteurs des homicides qui traitent également les meurtres non résolus.

La direction du SPVM imite donc la Sûreté du Québec – qui compte plusieurs enquêteurs affectés aux meurtres non résolus – et crée une nouvelle équipe complète de six enquêteurs et d’un lieutenant-détective pour s’attaquer à ces dossiers. 

Cette annonce répond à un besoin de plus en plus croissant et intervient quelques jours à peine après que le frère d’une femme assassinée dont le meurtre n’a toujours pas été résolu, John Allore, eut déploré sur nos écrans que les cold cases n’étaient à peu près pas médiatisés sur le site internet du SPVM. Il faut préciser également que les constantes percées technologiques peuvent, dans certains cas, augmenter les chances de résolution.

Le retour des « Stups »

Alors que le SPVM a fait disparaître il y a quelques années les sections affectées aux « stupéfiants » pour les fusionner en une section rebaptisée Crimes de violence dans les quatre régions de l’île de Montréal, La Presse a appris que les escouades de lutte contre les drogues seront ressuscitées et placées sous l’égide de la Division du crime organisé (DCO), qui comptera désormais plusieurs équipes composées de cinq lieutenants-détectives et de plus de 60 sergents-détectives et agents enquêteurs. Toutefois, physiquement, les bureaux des enquêteurs des stupéfiants demeureront dans les centres opérationnels des quatre régions.

Enfin, selon ce que nous avons pu apprendre, les sections restantes dans les quatre régions du SPVM pourraient être fusionnées et des effectifs seraient déplacés dans les postes de quartier, de façon à avoir plus de ressources. 

Ces changements, qui devraient entrer en vigueur dans les prochaines semaines, pourraient entraîner la disparition de certains postes, de commandants entre autres.

« Une chose est certaine, personne ne se retrouvera au chômage demain matin », a assuré notre source.

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