Meurtre élucidé 38 ans plus tard?

Un individu dit dans une lettre anonyme avoir reconnu la voix de l’assassin sur un appel placé à la police

AMÉLIE ST-YVES
Samedi, 20 août 2016 06:30
MISE à JOUR Samedi, 20 août 2016 06:30
Plus de 38 ans après le viol et le meurtre brutal d’une femme à Montréal, un individu vient de se manifester dans une lettre anonyme. Il dit avoir reconnu la voix du meurtrier sur des enregistrements d’appels à la police effectués le soir du meurtre.
«Monsieur, voulez-vous prendre note s’il vous plaît que je viens d’attaquer une femme au coin Bois-Franc et Henri-Bourassa, dans le sous-bois du côté nord-ouest. Dépêchez-vous monsieur, j’ai peur pour sa vie», disait le meurtrier de Katherine Hawkes dans le premier de deux appels logés à la police le soir du 20 septembre 1977.
La femme de 34 ans n’a pourtant été retrouvée à cet endroit qu’environ 24 heures plus tard. Le corps inerte était à plat ventre sur un terrain vacant, le bras gauche sous son ventre. Son soutien-gorge était relevé au-dessus de sa poitrine.

Elle avait du sang dans la bouche, sa joue gauche et ses yeux étaient tuméfiés. L’autopsie a révélé la présence de sang et de sperme dans son sexe. Il n’y a eu aucune arrestation dans ce dossier.
Lettre anonyme

Le 27 mai dernier, les deux appels du meurtrier ont été diffusés à l’émission de Denis Lévesque, à l’occasion d’une entrevue avec l’avocat Marc Bellemare et le réalisateur Stephan Parent, qui travaille sur le documentaire 7 femmes, qui reviendra notamment sur l’histoire de Hawkes. Sauf que, cette fois, quelqu’un affirme avoir reconnu la voix.
Une lettre anonyme a été reçue le 8 juin au bureau de l’ancien ministre de la Justice, Me Marc Bellemare. On peut notamment y lire: «J’ai reconnu la voix de cet homme», avec des détails comme son nom, sa date de naissance et l’endroit où il a étudié et où il travaillait.
Selon les allégations, il s’agirait d’un informaticien né en 1946 en France. Selon les recherches de Bellemare et Parent, l’homme ciblé dans la lettre pourrait être décédé.
Le réalisateur Stephan Parent affirme avoir remis une copie de la lettre aux crimes majeurs du Service de police de la Ville de Montréal, qui n’ont pas voulu commenter. «Je pense que les policiers vont prendre la chose au sérieux, que ça va être traité de façon efficace et professionnelle», a dit le cinéaste.
Pour sa part, Marc Bellemare dénonce vivement qu’on n’ait pas sauvé cette femme.
«[Le meurtrier] a rappelé après, quand il a vu que personne n’y allait. C’est quoi, cette affaire-là? C’est complètement ridicule. On a toutes les raisons de penser que cette femme aurait pu être sauvée», affirme-t-il.
Marc Bellemare continue de demander une enquête publique sur les enquêtes pour meurtre non résolues de huit femmes dans les années 1970.
► Toute personne détenant de l’information au sujet du meurtre peut contacter Info-Crime au 514 393-1133.
LE FIL DES ÉVÉNEMENTS

20 septembre 1977
18 h : Katherine Hawkes quitte son travail. Elle prend l’autobus pour se rendre chez elle.
Entre 18 h 30 et 19 h 30 : Katherine Hawkes est attaquée. Elle subit de violents coups à la tête et est violée. Son meurtrier appelle les services d’urgence peu de temps après. Il craint pour la vie de sa victime.
22 h 35 : Le meurtrier fait un deuxième appel à la police.
21 septembre 1977
18 h 20 : Le corps de Katherine Hawkes est retrouvé.
22 septembre 1977
Autopsie à l’Institut de médecine légale de Montréal. Le décès de Katherine Hawkes est attribué aux coups reçus à la tête ainsi qu’à un coup de froid.
♦ Premier appel aux policiers
« Monsieur, voulez-vous prendre note s’il vous plaît que je viens d’attaquer une femme au coin Bois-Franc et Henri-Bourassa, dans le sous-bois du côté nord-ouest. Dépêchez- vous monsieur, j’ai peur pour sa vie. »
♦ Deuxième appel aux policiers
« Je viens d’attaquer une femme sur le coin de Henri-Bourassa et Grenet à Ville Saint-Laurent dans le sous-bois du côté nord-ouest. Avez-vous bien compris? […] Au coin Henri-Bourassa et Grenet dans le sous-bois du côté nord-ouest. Merci. »

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