Enquête Publique: Quebec Police

This was the letter sent earlier this month by Marc Bellemare to Public Safety Minister, Martin Coiteux:

 

Sujet : 8 femmes

Sharron Prior          29 mars 1975           (Dame Yvonne Prior)

Louise Camirand    19 mars 1977                    

Joanne Dorion        30 juillet 1977           (Dame Colette Dorion)

Hélène Monast      11 septembre 1977

Denise Bazinet       24 octobre 1977        (Monsieur Michel Bazinet)

Lison Blais               4 juin 1978                 (Dame Solange Blais)

Theresa Allore        3 novembre 1978     (Monsieur John Allore)

Roxanne Luce         4 avril 1981               (Monsieur Stéphane Luce)

Monsieur le ministre,

Je vous écris aujourd’hui à la demande des familles de plusieurs victimes de meurtres survenus au Québec.

Depuis quelque quarante ans, 8 familles pleurent autant de femmes lâchement assassinées et retrouvées quelque part à Laval, Montréal ou sur la route menant à Sherbrooke. Dépendant de l’endroit où le corps a été retrouvé, c’est la police municipale de Laval (Joanne Dorion), de Longueuil (Sharron Prior et Roxanne Luce) de Montréal-SPVM (Denise Bazinet etLison Blais) ou la Sûreté du Québec (Louise Camirand, Hélène Monastet Theresa Allore) qui a été chargée de l’enquête.

Si, dans les jours suivant les disparitions, les efforts et les effectifs policiers ont été au rendez-vous, les familles ont rapidement constaté que l’indifférence s’est installée pour de bon.  Alors que les enquêtes sont au point mort dans tous ces dossiers, aucun effort senti n’étant déployé depuis des dizaines d’années, les policiers refusent de donner accès à un quelconque élément. Il nous apparaît inacceptable  que les proches eux-mêmes ne puissent mener des recherches additionnelles.

Sous prétexte de ne pas « nuire à l’enquête » alors qu’à l’évidence aucune telle enquête n’existe, on maintient les familles dans l’angoisse et l’ignorance. Celles-ci vivent d’espoir. Or, aucun espoir n’est permis dans un tel contexte. En novembre dernier, on m’a refusé, à la demande de la famille Dorion, l’accès aux rapports d’enquête et d’autopsie de Joanne. Plus encore, on a refusé de simplement préciser si les prélèvements d’ADN étaient toujours disponibles à ce jour. Ces refus répétés alimentent les pires craintes, plus de 39 ans après l’assassinat. Ils constituent une attitude aussi méprisante que cruelle.

Du côté de l’incompétence, les familles Prior et Luce ont appris avec stupéfaction que la police de Longueuil avait détruit des prélèvements du tueur et d’autres pièces à conviction. Il en fut de même pour la famille Allore du côté de la Sûreté du Québec. Sans celles-ci, il est désormais impossible d’obtenir une condamnation. Seul un aveu inespéré de ou des assassins ou une preuve directe et irréfutable pourrait désormais mener à une condamnation.

La Sûreté du Québec doit raffiner ses pratiques dans les cas de disparition et de meurtre. Elle doit expliquer sa conduite mutique envers les familles des victimes de longue date. Les corps de police municipaux ne doivent plus agir dans ces dossiers complexes. Ils n’ont tout simplement pas la juridiction ni les compétences et les effectifs requis.

La population doit savoir ce qui cloche dans ce système ou tout baigne dans le secret. La police se réfugie derrière la confidentialité des dossiers et des enquêtes pour cacher son inertie et son incompétence.

Voilà pourquoi nous demandons :

  1. Qu’une enquête publique soit menée sur les méthodes policières applicables aux cas de meurtres et de disparition ;
  2. Que toutes les enquêtes de meurtre et de disparition sur le territoire du Québec soient menées exclusivement par la Sûreté du Québec ;
  3. Qu’un protocole rigoureux assure la conservation des prélèvements et exhibits dans un endroit centralisé à la Sûreté du Québec.
  4. Que la formation des enquêteurs soit bonifiée ;
  5. Que les familles soient informées systématiquement de l’évolution de l’enquête ;
  6. Que les familles aient accès au dossier complet de la police si, 25 ans après le meurtre, aucun suspect n’a été accusé.

Les familles désirent vous rencontrer dans les meilleurs délais pour vous présenter leur position.

Dans l’attente d’une réponse prochaine et surtout favorable, nous demeurons,

Marc Bellemare, avocat

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