Stephan Parent se penche sur les meurtres non résolus de sept femmes

Je trouvé cela dans un journal de Québec. Mon seul problème? Le seul qui le suspect surnommé “Le Bootlace Killer” était moi. Et je l’ai fait délibérément pour attirer l’attention sur la question. Devinez il a travaillé:

Sur les traces du « Bootlace Killer »

Caroline
Caroline Mireault
Publié le 02 juin 2015

Publié le 02 juin 2015

CINÉMA. Après avoir reçu une réponse positive du public avec Novembre 84′, le cinéaste Stephan Parent était de passage à l’Oasis du Vieux-Palais à L’Assomption, le samedi 30 mai pour le tournage de son prochain long-métrage. Avec le docu-fiction Sept femmes, titre provisoire, le réalisateur veut donner un second souffle aux enquêtes policières qui concernent sept femmes assassinées de façon

À l’instar de Novembre 84′, qui traite d’une série d’enlèvements et de meurtres d’enfants non élucidés qui ont eu lieu il y a plus de 30 ans, Sept femmes veut entre autres sortir de l’ombre les dossiers qui concernent les assassinats de Louise Camirand, Helen Monast, Denise Bazinet, Johanne Dorion, Theresa Allore, Lison Blais et Sharon Prior.

« Avec ce film, nous allons nous concentrer sur sept femmes, mais nous croyons que près d’une quinzaine de dossiers pourraient être associés au même tueur malgré le fait que cela n’a pas été confirmé par les autorités policières, explique Stephan Parent en entrevue avec TC Media Hebdo Rive Nord.  Il y a un modus operandi dans ces assassinats qui nous poussent à croire que le même individu pourrait être à l’origine de ces crimes. »

Un tueur en série

Le réalisateur explique que les victimes étaient toutes des femmes âgées de 16 à 25 ans et qu’elles ont été tuées de façon similaire, leurs corps retrouvés nus après qu’elles eut été violées et étranglées avec leurs propres vêtements.

« À l’époque, certains avaient même surnommé le tueur comme étant le “Bootlace killer”, poursuit le cinéaste, car les victimes auraient vraisemblablement été étranglées avec leurs propres lacets de chaussures ou leur écharpe. Selon nous, il y a eu des cas à Montréal, à Laval, à Sherbrooke et ailleurs au Québec. Dans tous les cas, les corps ont été retrouvés aux abords d’autoroutes ou dans des boisés. »

Avec Sept femmes, Stephan Parent se penche sur les enquêtes policières qui ont débutés dans les années 1970 pour amener le spectateur en 2015 et comme le portrait-robot d’un suspect diffusé par les policiers n’a jamais permis d’élucider ces crimes, il espère que retracer les derniers moments de vie des victimes pourront peut-être permettre de relancer ces cold cases.

« Dans la scène que nous tournons aujourd’hui,  nous reconstituons la soirée où Denise Bazinet, qui travaillait comme caissière chez St-Hubert, est allée dans un bar disco avec une amie, affirme le cinéaste. Ce que nous savons, c’est qu’elle habitait le Plateau Mont-Royal à Montréal et que son corps été retrouvé aux abords de l’autoroute 35 dans les Cantons de l’Est. Elle aurait peut-être été suivie, quelqu’un pourrait sans doute se rappeler de quelque chose, même si la disparition date de 1977. »

Soulignons que pour cette production, Stephan Parent s’est une fois de plus assuré la collaboration du chroniqueur judiciaire Claude Poirier et de Marc Bellemare, avocat et ancien ministre de la Justice et Procureur général du Québec.

De l’art engagé

Malgré le succès de Novembre 84′, le nouveau film de Stephan Parent dispose encore de bien peu de moyens et son film se retrouve au titre des productions complètement indépendantes alors que le cinéaste et le co-producteur Ugo Fredette payent la production entièrement de leurs poches. Pour les deux hommes, il est important que les gens assassinés ou portés disparus ne sombrent pas dans l’oubli.

« En 1984, j’habitais le même secteur que Maurice Viens, qui avait 4 ans lorsqu’il a disparu le 1er novembre et qui a par la suite été trouvé mort, se rappelle Stephan Parent. J’ai donc été témoin de toute cette histoire et de tout le déploiement policier, ça m’a profondément touché. Quand cela arrive près de chez toi, tu te sens interpellé. Par la suite j’ai développé une certaine expertise en lien aux enquêtes, je me suis penché sur les empreintes digitales », explique le détenteur d’un certificat en criminologie.

Rappelons que Novembre 84′traite, entre autres, du cas de Maurice Viens et Wilton Lubin, âgé de 12 ans, qui ont tous les deux été portés disparus pour être retrouvés morts par la suite. À cette liste est aussi venu s’ajouter les cas des plusieurs autres jeunes dont Marie-Ève Larivière retrouvée sans vie, Sébastien Métivier enlevé en même temps que le jeune Lubin, mais dont le corps n’a jamais été retrouvé, Denis Roux-Bergevin, enlevé en juin 1985, Tammy Leaky, disparue en 1981 et Pascal Poulin disparu en 1990.

En l’absence d’un distributeur à ce stade-ci, les deux hommes gardent donc précieusement les minces recettes obtenues lors de la diffusion de Novembre 84′et les profits découlant de la vente du DVD de leur dernier projet pour mener à terme le docu-fiction Sept femmes qui devrait sortir en salle à l’automne prochain ou au début de l’hiver.

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