Normand Guérin: Ceci est la justice?

MONTRÉAL – Une victime de Normand Guérin et Gilles Pimparé a confié sa crainte de voir déménager prochainement près de chez lui l’un de ses agresseurs.

Normand Guérin, reconnu coupable du meurtre de Chantal Dupont et Maurice Marcil en juillet 1979, doit être transféré en maison de transition, à deux coins de rue d’une de ses victimes, qui craint de le croiser dans les commerces alentour.

«La semaine dernière, j’ai reçu un bilan qui dit que Normand Guérin s’en vient à côté de chez nous, a précisé l’homme, qui a été violé par Normand Guérin et Gilles Pimparé. C’est comme un relevé de notes dans lequel ils indiquent tous les services qui sont offerts aux détenus. Les deux seules choses que Normand Guérin a réussies, c’est son secondaire 5 et le cours 1 de cuisine. Tout le reste, c’est marqué non complété : thérapie en toxicologie, thérapie en agression sexuelle…»

Il n’en revient toujours pas de la solution qui lui a été proposée. «On m’a recommandé à maintes reprises de déménager, c’est facile! Pourquoi ce n’est pas plutôt lui qui est envoyé ailleurs?» a demandé la victime, lors de l’émission Le vrai négociateur.

L’homme est toujours marqué par les évènements, survenus il y a 32 ans. «Je revenais de la Ronde avec mon ami, et par chance ou malchance, plutôt que de me faire [aborder] sur le trottoir du pont Jacques-Cartier, comme ça a été le cas pour Chantal Dupont et Maurice Marcil, on s’est fait aborder en dessous. C’est là qu’on s’est fait ramasser», a-t-il raconté.

«Je m’en souviens comme si c’était hier, a-t-il ajouté. Pimparé portait son coupe-vent gris, Guérin avait son coupe-vent beige, les deux avaient les mains dans les poches, et dans l’espace de trois secondes et quart, ils ont sorti une arme à feu qu’ils nous ont pointée en dessous du nez, pour nous demander de leur remettre tout ce qu’on avait de valeur. […] On n’avait même pas cinq dollars à nous deux…»

«On leur a alors demandé si on pouvait s’en aller, ils nous ont dit que non, qu’ils n’en avaient pas terminé avec nous. Ils nous ont fait monter la colline. […] Là, ils ont exigé qu’on se mette à nu, ils ont fouillé notre linge et par la suite, ça a été l’enfer, pendant une heure, à se faire battre, jouer après, tirer, couper», a témoigné l’homme.

Gilles Pimparé doit pour sa part faire une quatrième demande de libération conditionnelle en septembre prochain.

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