L’abolition du Registre canadien des armes à feu n’est pas un référendum sur la performance du sénateur Boisvenu.

Les arguments farfelus du sénateur Boisvenu

Daniel Faucher, Eastman
Cyberpresse

Pierre-Hugues Boisvenu, qui a malheureusement accepté de devenir sénateur il y a quelques mois, vient de nous faire une éclatante démonstration du dévoiement de la pensée à laquelle l’arène politique peut parfois mener un homme intelligent et sensible.

Pour défendre l’abolition du registre canadien des armes à feu, il vient de nous servir l’argument suivant: il faut libéraliser l’accès aux armes de chasse, car il y a prolifération de chevreuils à cause de la baisse importante du nombre de chasseurs. Ces chevreuils sautent en plus grand nombre sur les routes et sont ainsi source d’une augmentation du nombre d’accidents mortels.

À supposer que la prolifération de chevreuils soit réelle, je ne peux pas dire que la solution tordue préconisée par cet ex-haut fonctionnaire du ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche soit d’une luminosité scientifique remarquable!

Ce qui est encore plus renversant dans l’argumentaire de M. Boisvenu, c’est qu’il impute la baisse du nombre de chasseurs à l’augmentation du nombre de femmes monoparentales qui élèvent seules leurs enfants. Comment cela? Parce que la «tradition» de la chasse se transmet de père en fils et que, si le père n’est pas présent dans l’éducation de ses fils…

Là encore, pas très fort comme raisonnement! Si je comprends bien M. Boisvenu, Marc Lépine, l’auteur de la tuerie de Polytechnique en 1989, est un accident de l’histoire, car sa mère était monoparentale et pourtant il avait bien assimilé la «tradition» de la chasse. Quelle bêtise!

Enfin, si on suit plus loin le raisonnement de M. Boisvenu, faudra-t-il qu’on impose aussi aux immigrants des cours d’initiation à la chasse afin de contrôler la population des chevreuils tout en introduisant dans les contrats de mariage une clause interdisant la séparation ou le divorce avant que les enfants aient atteint l’âge de 15 ou 18 ans? Enfin, faudra-t-il contraindre à l’avortement toute femme enceinte d’un garçon, mais dont le père n’a pas signé un engagement de présence continue dans l’éducation du fils? La politique chinoise de limitation des naissances, mais à l’inverse, quoi!

Bravo, M. Boisvenu! Votre apport au sénat canadien est vraiment impressionnant!

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