L’affaire Theresa Allore reste un mystère

Daphné Cameron
La Presse

L’affaire Theresa Allore

Survenu il y a plus de 30 ans, le meurtre de Theresa Allore a fait couler beaucoup d’encre au fil des décennies. Cette jeune cégépienne a été trouvée morte dans la rivière Coaticook, en Estrie, en avril 1979, cinq mois après avoir disparu du campus du collège Champlain à Lennoxville. Cette affaire a refait surface en 2002, lorsque le frère de la victime a contribué à l’écriture d’un chapitre dans un manuel sur une nouvelle technique de résolution de crimes, le profilage géographique. Les auteurs avancent la thèse que la jeune femme a été la proie d’un tueur en série. Plus encore, que ce même tueur en série est probablement l’auteur de deux autres meurtres commis dans la région de Sherbrooke, celui de Louise Camirand, survenu en 1977, et celui de Manon Dubé, en 1978. Au lendemain de ces révélations, la SQ a rouvert ces trois affaires classées pour vérifier si elles étaient effectivement liées. Mais pour l’instant, ces trois crimes demeurent impunis.

Qu’est-il arrivé à Sonia Raymond?

Le mystère plane toujours quant au tragique destin de Sonia Raymond, trouvée morte sur une plage de Maria, en Gaspésie, le 27 juillet 1996. La femme de 32 ans, originaire de Rimouski, était en visite dans la baie des Chaleurs pour assister à un mariage. Le jour du drame, Sonia Raymond était partie faire une promenade sur une plage très fréquentée. Son corps partiellement dévêtu a été découvert en soirée par un passant. L’autopsie a révélé plus tard que sa veine jugulaire a été tranchée de quelques coups «d’un objet tranchant» à la gorge. Dans cette affaire, plusieurs pistes ont été explorées par la SQ, en vain. Un homme, un agresseur sexuel multirécidiviste de la région, a été considéré comme un suspect sans jamais être accusé de quoi que ce soit. En 2008, la SQ a reçu des dizaines d’appels à la suite d’un reportage télévisé sur l’affaire Raymond. Si les informations du public n’ont pas mené à l’arrestation du meurtrier, la famille a toutefois été replongée dans le drame. «Ça retourne le fer dans la plaie, a alors indiqué le frère de la victime, Guylain, au quotidien Le Soleil. Mais il peut y avoir un proche du meurtrier qui sait des choses. Si c’était possible de fermer le dossier pour mes parents qui ont 78 et 69 ans. Tous les soirs, quand on se couche, on a des flash-back.»

Le double meurtre de Tourelle

Voici une autre affaire qui a secoué la région de la Gaspésie. En mai 1995, un homme trouve du sang dans la résidence de ses parents, qui semble avoir été cambriolée. La voiture du couple a également disparu. L’automobile est découverte le jour même. Le coffre et les pare-chocs sont couverts de sang. Un mois plus tard, un jeune couple découvre les corps de Claudette Servant et Victorien Vallée dans un ruisseau à une vingtaine de kilomètres de la résidence. Au cours des années, le dossier a été réexaminé à quelques reprises à la suite de la divulgation d’informations du public. Les enquêteurs auraient également interrogé près de 900 personnes pour tenter d’élucider l’affaire, sans succès. La SQ aurait toutefois une idée de l’identité des auteurs de ce crime, mais n’a jamais disposé de suffisamment de preuves pour soumettre le dossier à un procureur.

Les meurtres crapuleux de Saint-Paul-de-Joliette

Les corps de Rolland Landry, 77 ans, Marcel Landry, 79 ans, et Marguerite Landry, 89 ans, ont été trouvés un matin de décembre 1999 par leur frère de 75 ans qui venait faire un saut à leur résidence de Saint-Paul-de-Joliette pour prendre un café. Selon les informations diffusées à l’époque, les vieillards auraient été victimes d’un véritable carnage. La SQ a publiquement affirmé qu’elle disposait de peu d’informations sur l’affaire. Pour la deuxième fois de son histoire, le corps policier a même offert une récompense de 50 000$, puisée à même ses budgets. Par ailleurs, l’escouade des crimes contre la personne a même fait produire l’arbre généalogique de la famille et rencontré près de 300 personnes pour tenter de faire avancer l’affaire. Mais les meurtriers courent toujours.

Le mystère de la mort de Guylaine Potvin

Le meurtre de Guylaine Potvin, survenu en avril 2000 à Jonquière, a traumatisé la communauté étudiante de la région. La jeune femme, qui fréquentait le cégep de Jonquière, a été trouvée morte, nue, dans son lit. Son histoire a refait surface cette année lors de l’arrestation de Claude Larouche, accusé du meurtre de Natasha Cournoyer en octobre dernier. La similitude des deux crimes et le fait que Larouche soit originaire de Jonquière ont suscité des doutes quant au lien possible entre les deux affaires. Les autorités policières ont toutefois indiqué un mois plus tard que l’ADN de Larouche ne correspondait à aucun cas de meurtre non résolu. Le meurtre de Guylaine Potvin a toutefois été lié à une tentative de meurtre et une agression sexuelle survenues en juillet 2000 contre une étudiante de Sainte-Foy.

Nombre de meurtres

Meurtres commis au Québec dont l’enquête relève de la SQ

2005 / 42

2006 / 32

2007 / 41

2008 / 36

Source: Service des communications de la SQ

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