«Le Code criminel est muet» -le sénateur Boisvenu

QUÉBEC – «L’intérêt public et la sécurité de la population ont moins d’importance que le droit du criminel à l’anonymat.»

Le nouveau sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu continue de marteler son message à l’égard des récidivistes dangereux comme Jacques Lemieux, un «déviant sexuel non traité» capable d’une «brutalité démesurée» selon la Commission nationale des libérations conditionnelles (CNLC).

Après avoir purgé la totalité de sa peine de 23 ans de pénitencier, l’individu récemment libéré se retrouve aujourd’hui derrière les barreaux pour avoir violé une jeune femme de Québec sous la menace d’une arme à feu.

Le président de l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues (AFPAD) affirme que le système carcéral a les mains liées pour deux raisons : les droits des criminels inclus dans la charte des droits et libertés et le Code criminel inadapté. Ce dernier exige un suivi drastique et des mesures permanentes.

«Ce dossier ne me surprend pas. La réhabilitation est une approche qu’il faut préconiser, mais elle ne peut s’appliquer aux criminels dangereux et irrécupérables. Malheureusement, le Code criminel est muet sur l’encadrement pour les dangereux récidivistes.»

Le registre national des délinquants sexuels et le statut de délinquant dangereux, lesquels n’existaient pas à l’époque, pourraient devenir importants dans le cas présent.

À l’Assemblée nationale

Le «dossier Lemieux» a eu des échos jusqu’à l’Assemblée nationale, hier. Le porte-parole de l’opposition officielle en matière de sécurité publique, Bertrand St-Arnaud, a interpellé le ministre Jacques Dupuis à ce sujet.

«Quand un individu comme celui-là représente un danger au moment de sa sortie, il y a des mécanismes qui viennent en force pour éviter qu’il y ait récidive. Je peux assurer la population que, dans les cas comme celui-là, c’est clair que les autorités policières sont vigilantes», a notamment répondu M. Dupuis.

Le Service correctionnel du Canada a redirigé toutes les questions vers le Service de police de la Ville de Québec.

«Une fois que les délinquants ont atteint la fin de leur peine, ils ne relèvent plus de la compétence du SCC.»

«Aucun corps de police au Canada n’a le droit d’informer les proches d’un ex-détenu qui a purgé toute sa peine des antécédents criminels de celui-ci», a précisé le porte-parole du SPVQ.

«60% des prédateurs sexuels récidivent en dedans de trois mois. Le Québec ne s’est jamais doté de moyens efficaces. C’était un beau cas pour la castration. C’est embarrassant pour tout le monde. J’ai évalué des détenus qui voulaient se faire castrer en prison et je n’ai pas été capable. La direction s’y opposait», mentionne le psychiatre Pierre Mailloux.

Le Journal de Québec

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