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Manque criant de pathologistes
Nouvelles générales – Justice
Écrit par Daniel Renaud
Jeudi, 07 janvier 2010 20:34

Le directeur général du Laboratoire des sciences judiciaires et de médecine légale du Québec demande plus de ressources pour diminuer les délais.

« Ça n’a pas de bon sens que les familles attendent un an et demi ou deux ans pour avoir un rapport d’autopsie à la suite d’un décès. Elles ne peuvent pas faire leur deuil. Les familles se plaignent et elles ont raison », s’insurge Yves Bob Dufour.

Yves Bob Dufour


Sortant de l’ombre pour une rare fois, le directeur général du Laboratoire des sciences judiciaires et de médecine légale du Québec demande à Québec et à Ottawa de délier les cordons de leur bourse pour qu’il puisse avoir plus d’argent et plus de personnel.
Deux pathologistes seulement

Actuellement, le Laboratoire fonctionne avec seulement deux pathologistes pour effectuer les quelque 600 autopsies qui doivent y être pratiquées annuellement. Même si, à eux seuls, ces deux pathologistes en font autant que leurs collègues des autres laboratoires canadiens qui sont pourtant plus nombreux, il en faudrait au moins deux de plus pour mieux répondre à la demande. En plus des autopsies, les pathologistes du Laboratoire doivent faire des expertises, témoigner à la cour et donner des formations.

Les étudiants en médecine qui choisissent la pathologie sont déjà une denrée rare. Un concours a été lancé pour en recruter des nouveaux, mais le salaire offert, qui est d’environ 140 000 $ par an contre le double dans le privé, n’est pas très attrayant.

Yves Bob Dufour, directeur général du Laboratoire des sciences judiciaires et de médecine légale du Québec. « Nous avons fait des représentations auprès du Conseil du Trésor en décembre pour qu’il augmente ces conditions, pour nous aider à trouver des gens, et surtout à les garder. Je ne suis pas compétitif face aux hôpitaux », déplore M. Dufour.

L’ADN se fait attendre

L’adoption récente de deux nouvelles lois (C-13 et C-18) a passablement élargi les scènes de crime sur lesquelles des échantillons d’ADN peuvent être prélevés, analysés et envoyés à la Banque nationale des données génétiques du Canada, ce qui a considérablement augmenté la tâche des 45 employés du laboratoire québécois.
En plus des 5 000 analyses d’ADN qui leur sont demandées chaque année, les biologistes, chimistes, techniciens et membres du personnel de soutien doivent effectuer des analyses balistiques, toxicologiques et autres.

Cette année, ils ont également analysé les 200 taser guns (pistolets électriques) que compte la province, opération qu’ils veulent répéter chaque année.
Selon M. Dufour, les dossiers urgents, comme ceux des meurtres, sont priorisés. Mais pour les cas moins urgents, les policiers attendent parfois jusqu’à 12 ou 15 mois avant d’obtenir les résultats des analyses d’ADN, ce qui ralentit considérablement les enquêtes
« Il faut que le ministère de la Sécurité publique du Canada nous donne plus d’argent. Il faudrait 35 personnes de plus. Cela coûterait 3,5 M$, et nous pourrions terminer nos dossiers en moins de 90 jours », conclut M. Dufour.

Les familles attendent un an et demi ou deux ans pour avoir un rapport d’autopsie à la suite d’un décès. Elles ne peuvent pas faire leur deuil.

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