Louis Dionne et les libérations conditionnelles

Je suis avec mon ami Sylvie: “Pour une vraie justice… en faveur des vraies sentences.”

Marc Pigeon
Le Journal de Montréal
13/11/2009

La détention préventive qui compte en double et même en triple, les libérations conditionnelles trop hâtives : le directeur des poursuites criminelles et pénales du Québec souhaite qu’on fasse le ménage dans la façon de gérer les sentences, et qu’on serre la vis aux criminels.

Dans une récente entrevue accordée au Journal de Montréal, Me Louis Dionne a dit estimer que les crimes et les sentences tels qu’ils existent au Code criminel sont appropriés. C’est ce qu’on en fait qui pose problème.

«Les outils sont adéquats. Il s’agit de les utiliser correctement», dit-il. (…) On est rendu comme société à se questionner sur la gestion de la peine.»

Des mots qui risquent de réjouir les 500 procureurs de la poursuite du Québec, qui sont souvent fort démotivés par les sentences trop courtes purgées par les criminels qu’ils s’efforcent de faire condamner.

Celui qui est depuis mars 2007 l’homme qui poursuit les criminels du Québec prend pour exemple les crimes pour lesquels les juges ont le pouvoir d’imposer de purger au moins la moitié de la peine avant de pouvoir espérer une libération conditionnelle.

Selon lui, on devrait allonger la liste des crimes donnant ouverture à ce genre de peine.

Débat sur libérations hâtives

Par ailleurs, Me Dionne croit qu’on devrait revoir ces libérations qu’on accorde aux détenus ayant purgé le sixième de leur peine, sans même qu’ils soient vus en audience devant la commission des libérations conditionnelles.

La «procédure d’examen expéditif» permet aux détenus ayant commis des crimes non violents et incarcérés pour une première fois, d’être libérés hâtivement.

«Je pense qu’on est mûrs pour un débat là-dessus, dit-il. Et le Québec le souhaite. Et mes troupes aussi.»

Louis Dionne se questionne sur le message que cela envoie à la société :

«C’est dur pour un poursuivant, pour un juge, pour un officier de justice, d’expliquer (…) qu’il a eu 14 ans et qu’il va être dehors l’été prochain. Ça manque de sérieux dans certains cas.»

Peines significatives

Quant à la détention préventive (période d’incarcération avant condamnation) que l’on retranche en double, et parfois même en triple, de la sentence à purger, il croit cette façon de faire désuète.

«Il est temps qu’on fasse quelque chose, dit-il. Il faut que la peine veuille dire quelque chose au niveau de sa gestion.»

Le principe de détention qui compte en double avait été établi du temps où les prisonniers détenus préventivement avaient du «temps dur», n’avaient pas accès à des programmes, des études.

«À mon sens à moi, ce n’est plus vrai, on a comme laissé aller, c’est devenu un automatisme, on a galvaudé ce principe-là», dit-il.

Me Dionne se réjouit que le gouvernement du Québec fasse des représentations en ce sens auprès d’Ottawa.

«Il faut bien balancer la répression et la réhabilitation. Il faut arriver à l’équilibre. C’est pas évident», dit-il.

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