L’enquete Natasha Cournoyer / Claude Larouche

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La Presse

«C’est là qu’il m’a prise par le cou avec son bras, qu’il m’a comme étouffée. Je me débattais, j’ai donné un coup de pied dans la vitre (de la voiture.) Il m’a frappée dans le visage avec ses grosses mains toutes ratatinées. Mes lunettes ont parti, je voyais plus rien.»

C’est en ces termes qu’une fillette de 7 ans avait raconté à la police comment un homme l’avait enlevée devant son école de la rue Bilodeau, à Montréal, vers 7h, le matin du 10 octobre 2003. Cet homme, c’est Claude Larouche.

La nuit avant cette tentative d’enlèvement, Larouche n’avait pas dormi. Dans son logement d’Ahuntsic, il avait bu et fait des appels répétés à des lignes érotiques, pendant que sa conjointe dormait. Très tôt le matin, il s’était garé devant une école primaire du quartier Mercier, non loin du chantier de construction où il travaillait comme menuisier. Il était sorti de sa voiture. Quand la fillette était passée devant lui, il lui avait lancé: «Aie, ti-fille, t’as échappé tes sous.» La petite s’était retournée, puis s’était approchée pour voir les pièces que le monsieur voulait lui montrer. Elle voulait lui dire qu’il se trompait, car sa monnaie à elle se trouvait dans son sac d’école. C’est là qu’il l’avait agrippée et entraînée dans sa voiture. Il l’avait couchée sur la banquette avant. La petite s’était débattue avec la force du désespoir, donnant des coups de pied à gauche et à droite. «Hesti, arrête de bouger, tu vas péter ma vitre», lui avait-il lancé.

Mais l’enfant avait continué, si bien que Larouche avait fini par lui lancer: «OK, sauve-toi.» Mais dès que l’enfant était sortie, il s’était mis à la suivre. L’enfant avait alors couru jusqu’à une maison inconnue, où elle avait sonné. En pleurs, elle avait raconté que le monsieur avait essayé de l’enlever. Larouche s’était enfui en vitesse, mais un témoin avait réussi à prendre en note quelques chiffres du numéro de plaque. Ces numéros allaient devenir un précieux morceau du casse-tête de l’enquête. Huit mois plus tard, Larouche a été arrêté. Au terme d’une longue enquête préliminaire, devant une preuve écrasante, il a décidé de plaider coupable à des accusations de tentative d’enlèvement et voie de fait. En juin 2005, il a écopé de 13 mois de prison, ce qui représentait 40 mois compte tenu de la détention préventive calculée en double.

L’enfant a eu de la chance dans sa malchance. Le crime est survenu le matin, dans une rue où se trouvent des maisons, et Larouche conduisait à l’époque une voiture de marque Cavalier. Au moment de l’enlèvement de Natasha Cournoyer, il faisait sombre, et Larouche conduisait une fourgonnette de marque Ford Windstar. Il va sans dire que ce véhicule sera passé au crible par les experts de l’identité judiciaire.

C’est avec cette même fourgonnette bleu pâle que Larouche aurait tenté de voler une roulotte sur le terrain de S.G. Automobiles à Charlesbourg, le 10 mai dernier. «C’était un dimanche après-midi. Un locataire m’a appelé pour me demander si j’avais vendu la roulotte, parce que quelqu’un était en train de la pinner. J’ai dit non, va voir. Un voisin a couru après le voleur, mais il roulait trop vite», raconte Serge Gauthier, propriétaire de l’entreprise. Selon les informations qu’il a eues plus tard des policiers, se sachant repéré, le suspect a détaché la roulotte pour l’abandonner plus loin, afin de faciliter sa fuite. Mais comme la police avait une bonne description de la Windstar, il a été arrêté peu après, sur le boulevard de la Capitale. Larouche a pu retrouver sa liberté après sa comparution, moyennant le paiement d’une caution et des conditions à respecter, dont celle de ne pas se trouver à Québec. En septembre, le résidant d’Ahuntsic a toutefois fait modifier ses conditions pour pouvoir passer dans la ville de Québec. Cela afin d’aller visiter sa mère qui demeure dans la région de Chicoutimi. Larouche doit retourner au palais de justice de Québec en février prochain pour subir son procès à ce sujet.

Le dossier criminel de Larouche compte aussi une condamnation pour agression sexuelle commise à Jonquière au début des années 90 sur une jeune fille de 19 ans, et pour laquelle il a écopé de 12 mois de prison, ainsi que quelques condamnations pour vol, notamment à Saint-Jérôme en 1997.

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