Natasha Cournoyer: Rien, rien, rien…

L’enquete de Natasha Cournoyer  (Les funérailles auront lieu samedi):  Rien, rien, rien:

L'espace de stationnement de Natasha Cournoyer, devant l'immeuble... (Photo: Patrick Sanfaçon, La Presse)

L’espace de stationnement de Natasha Cournoyer, devant l’immeuble où elle résidait, est resté vide depuis sa disparition. Sa voiture a été retrouvée au fond du stationnement de la Place Laval, où elle travaillait.

Catherine Handfield
La Presse

Après avoir débuté sur les chapeaux de roues, l’enquête sur le meurtre de Natasha Cournoyer semble beaucoup plus complexe que prévu. Après 10 jours d’enquête et plus de 300 renseignements analysés, la police de Montréal n’a aucun suspect numéro un en vue.

Selon nos sources, les enquêteurs n’écartent présentement aucune hypothèse, y compris la possibilité que Mme Cournoyer ait été victime d’un prédateur sexuel ou d’un psychopathe.

La femme de 37 ans a disparu le soir du 1er octobre à sa sortie du travail, à la Place Laval, dans le quartier Chomedey. Son corps a été découvert cinq jours plus tard sous un pylône électrique de Pointe-aux-Trembles, dans l’est de Montréal. Elle aurait été étranglée.

Natasha Cournoyer serait morte dans les heures qui ont suivi sa disparition, d’après ce que La Presse a pu apprendre. Le meurtrier serait allé déposer son corps le soir même en bordure du fleuve.

En revenant à Laval, le suspect aurait lancé par la fenêtre de sa voiture des cartes d’identité et autres papiers qui se trouvaient dans le portefeuille de la victime. La police de Laval en a trouvé plusieurs le long de l’autoroute 19, les 8 et 9 octobre.

Nos sources croyaient d’abord que Natasha Cournoyer avait été victime d’une connaissance. Or, les enquêteurs ont questionné plusieurs proches et anciens fréquentations de la victime, sans succès. Michel Trottier, qui fréquentait la victime de façon sporadique depuis quatre ans, a réussi le test du polygraphe, mercredi.

Les policiers se rencontrent fréquemment pour échanger des informations et tenter de sortir de l’impasse. Toutes les pistes sont présentement analysées, dont l’hypothèse que le meurtrier soit un parfait inconnu.

La thèse du psychopathe est plus plausible que celle du prédateur sexuel, puisque Natasha Cournoyer n’aurait pas été violée. Quand elle a été retrouvée, elle portait des collants sous une paire de pantalons serrés, selon nos informations.

La police de Montréal a fait un appel au public mercredi pour retrouver des gens qui auraient vu une personne louche, le soir de la disparition, dans le stationnement de la Place Laval ou sur la piste cyclable située à l’arrière. Les femmes ayant été abordées par un homme suspect à Laval, au cours des dernières semaines, sont aussi invitées à appeler Info-Crime (514-393-1133).

Hier, on n’avait toujours pas retrouvé le cellulaire, les souliers, le sac à main et le manteau de la victime.

La police garde le silence

La police de Montréal n’a pas donné suite hier à notre demande d’entrevue. Où se trouve la scène du crime? Avec quoi la victime aurait-elle été étranglée? Quels sont les résultats de l’autopsie?

Ce silence est normal, voire nécessaire pour le succès de l’enquête, selon John Galianos, qui a été responsable adjoint des crimes contre la personne à Montréal à la Sûreté du Québec (SQ) de 1983 à 1993.

«La police doit garder secrètes des informations que seuls elle et le meurtrier connaissent. Elle peut ainsi écarter des gens qui affirmeraient faussement être le meurtrier, ce qui s’est déjà vu», a expliqué cet ancien enquêteur des crimes majeurs, qui est présentement propriétaire d’une entreprise de polygraphie.

Peut-on s’attendre à un dénouement prochain? John Galianos croit que oui. «D’après moi, c’est un petit coune qui a fait ça, a-t-il dit. Des indices montrent que le meurtre n’est pas bien pensé: le corps et des objets personnels de la victime ont été découverts rapidement.»

Selon M. Galianos, les enquêteurs montréalais doivent présentement subir une forte pression interne. «Le meurtre de Natasha Cournoyer est répugnant et touche fortement l’opinion publique, a-t-il souligné. Bref, il faut trouver le responsable.»

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