Mr. Dupuis Goes To Washington

This in from yesterday’s Trois Rivieres daily, Le Nouvelliste: Quebec’s minister of public security, Jacques Dupuis travelled to Washington last month to meet with representatives of the National Center for Missing and Exploited Children (NCMEC).  NCMEC are regarded as experts in the field of missing children investigations, particularly in the field of communications with family members after a disappearance. 

The meeting was provoked by the parents of  Cédrika Provencher. The young girl went missing from Trois Rivieres on July 31, 2007. Quebec Police were widely criticized for their mishandling of the case, and lack of a unified strategy to locate the young girl in the wake of her disappearance. 

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Jacques Dupuis, ministre de la Sécurité publique

Les doléances des Provencher entendues

Marie-Eve Lafontaine
Le Nouvelliste


(Trois-Rivières) Sans remettre en question le travail des policiers de la province, le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, estime que l’expertise des Américains dans les disparitions d’enfants pourrait permettre d’améliorer certaines méthodes d’enquête, tout comme la communication avec les familles.

Il a d’ailleurs visité, il y a environ deux semaines, le National Center for Missing and Exploited Children (NCMEC), un organisme spécialisé dans les disparitions d’enfants, basé à Washington. «Ils ont créé des moyens rapides pour publiciser la photo de l’enfant, sa description, etc. Ils ont aussi une façon rapide d’entrer en contact avec les familles pour les renseigner sur la progression de l’enquête de police. Ce sont des procédures qui sont établies. Alors moi, je reviens de Washington en me disant: ”Est-ce qu’on pourrait bénéficier de leur expertise et de leurs méthodes?” Et ma réponse est oui. On devrait être en mesure de collaborer avec eux et d’obtenir d’eux de l’information suffisante pour être capable de peut-être mieux former nos policiers, d’améliorer nos méthodes d’enquête dans ce domaine-là», explique le ministre Dupuis.

Même si aucune décision formelle n’a encore été prise à la suite de cette visite, plusieurs scénarios sont envisagés. Des policiers pourraient ainsi se rendre au NCMEC pour bénéficier de son expertise. «Le centre d’enfants disparus est un organisme sans but lucratif qui accepterait – c’est ce que j’ai discuté avec eux – de donner gratuitement de l’information à des policiers qu’on pourrait envoyer là-bas. Je ne parle pas d’envoyer 6000 policiers, mais un certain nombre d’enquêteurs qui suivraient la formation là-bas, reviendraient ici et seraient capables eux-mêmes de donner la formation à des corps de police où il y a moins de ressources.»

Parmi les autres éventualités, des enseignants de l’École nationale de police du Québec pourraient aussi aller à Washington et, par la suite, transmettre ces notions supplémentaires aux aspirants policiers ainsi qu’aux enquêteurs qui suivent des cours de perfectionnement.

Cette visite à Washington n’est pas étrangère à une rencontre entre le ministre et les parents de Cédrika Provencher, il y a dix mois. Les parents de la fillette disparue depuis le 31 juillet 2007 avaient critiqué certains aspects de l’enquête policière dont le manque de stratégie et le fait que la thèse de l’enlèvement n’avait pas été retenue dans les premières heures de la disparition.

La vitesse de réaction est d’ailleurs l’un des leitmotivs du NCMEC. «Chaque fois qu’un signalement est fait, les policiers doivent d’abord réagir rapidement. Le secret d’une enquête de cette nature-là, c’est la vitesse avec laquelle l’enquête débute et les premiers renseignements que tu obtiens», note le ministre Dupuis.

Pour ce qui est de la vitesse de réaction des policiers en ce qui concerne la disparition de Cédrika Provencher, le ministère préfère ne pas s’avancer sur le sujet disant que l’enquête est toujours en cours. Pour lui d’ailleurs, cette réflexion sur les cas de disparitions d’enfants est loin de représenter un désaveu du travail des policiers québécois.

«Je ne critique pas le travail des policiers. Je ne dis pas que ce n’est pas bien fait. Ils travaillent très bien, mais c’est normal dans la vie de vouloir vérifier si on peut s’améliorer.»

Lors de sa rencontre avec les Provencher, le ministre a également constaté que les parents souhaitent souvent obtenir plus de renseignements de la part des policiers, notamment sur les démarches en cours. Un aspect important, convient le ministre. Mais il faut comprendre, mentionne-t-il, que les policiers doivent garder certaines informations confidentielles pour le bien de l’enquête. «Mais moi, j’encourage les policiers à au moins être en contact permanent avec les parents pour donner de l’information sur la progression de l’enquête.»

Le père de Cédrika Provencher s’est dit agréablement surpris lorsqu’il a appris que le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, s’était rendu, dernièrement, au National Center for Missing and Exploited Children, pour s’informer des façons de faire des Américains dans les cas de disparitions d’enfants.

«Je suis bien content. Si ça peut aider dans d’autres dossiers, ça ne peut être que positif», note Martin Provencher. Ce dernier croit que les policiers devraient avoir des stratégies plus précises lorsque surviennent de tels dossiers et une plus grande rapidité d’intervention.

Le grand-père de Cédrika estime également que l’initiative du ministre ne peut qu’être positive si elle se traduit par une amélioration des méthodes d’enquête. «Ça serait un atout pour notre police, pour les enfants qui disparaissent et pour les familles d’enfants disparus», souligne Henri Provencher, qui travaille toujours à la mise en place d’une fondation.

Ils sont aussi heureux d’apprendre que le ministre a pris en compte leurs critiques en ce qui concerne le manque de communication avec les policiers. «Tu es victime et on ne te dit rien. Tu vis des moments difficiles, ça prend absolument des explications, un suivi. C’est primordial», souligne Martin Provencher. La communication est maintenant meilleure avec les policiers, précise-t-il. Toutefois, il n’y a malheureusement rien de nouveau dans l’enquête, selon lui.

Martin Provencher est de retour au travail depuis plusieurs semaines déjà. «Ça fait du bien de retrouver cet équilibre.» Il reprend une vie un peu plus normale, mais il n’oublie pas et il a toujours espoir de connaître la vérité. «Je n’accepterai jamais que l’enquête soit mise sur une tablette.»

Le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, n’a toujours pas l’intention de créer une escouade spécialisée sur les disparitions d’enfants, une suggestion de Pierre-Hugues Boisvenu, de l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues du Québec (AFPAD).

Il estime que les policiers déjà sur le terrain peuvent réagir beaucoup plus rapidement qu’une escouade qui serait basée à un endroit précis comme Montréal ou Québec. «Si nos policiers sont formés au minimum pour ce genre d’enquête-là, j’ai 14 000 policiers au Québec qui peuvent réagir rapidement au lieu d’en avoir 10, 20 ou 30», note M. Dupuis.

Même raisonnement quant à la possibilité de confier toutes ces enquêtes à la Sûreté du Québec. «Si je confie à la Sûreté du Québec l’exclusivité des enquêtes sur les disparitions d’enfants, je réduis d’autant mon nombre de policiers sur le terrain, qui sont prêts à commencer une enquête dès qu’une disparition est signalée, peu importe l’endroit.»

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