A nice appreciation of Pierre in today’s Journal:

Pierre-Hugues Boisvenu ne chômera pas

Le père de Julie, assassinée en 2002 par le récidiviste Hugo Bernier, et d’Isabelle, décédée tragiquement dans un accident de la route cet hiver, n’a pas le temps de s’ennuyer depuis qu’il s’est retiré de son emploi de sous-ministre adjoint au ministère des Régions. Ses deux téléphones cellulaires et celui de sa maison de Rock Forest sonnent sans arrêt.

« Avant mon apparition à Tout le monde en parle, l’association comptait environ 150 familles. Nous sommes passés à plus de 250 depuis, raconte-t-il avec une certaine fierté. Ça me demande énormément de temps. »

On le croit. Durant l’entrevue avec le représentant du Journal, il a dû répondre à trois appels, acceptant d’aller donner une conférence dans un cégep, tout en en déplaçant une autre en raison d’un conflit d’horaire…

« Je fais aussi beaucoup de représentation auprès des élus, continue celui qui a rencontré le ministre Marcoux en milieu de semaine. Le bureau de l’association à Montréal s’en vient et celui de Québec ne devrait pas tarder. Nous voulons offrir un service à la grandeur de la province, même chez les autochtones. »

Une histoire pour des milliers de gens Également, M. Boisvenu commencera sous peu la rédaction d’un livre en compagnie d’un scribe qui lui sera assigné par les Éditions de l’Homme. Il compte y raconter son histoire, celle de ses deux filles, de l’AFPAD, mais aussi y celle d’autres familles éprouvés par les épreuves de la vie.

« J’ai découvert en côtoyant des familles que la plupart d’entre elles ont besoin de modèles de gens qui s’en sont sortis, qui ont retrouvé un sens à leur vie, explique-t-il. Lorsque l’on fait des témoignages, on peut aider autant qu’un psychologue.

« Si mon ouvrage peut contribuer à diminuer les souffrances d’une seule famille, notre drame n’aura pas été inutile », ajoute-t-il.

La sortie du bouquin est prévue pour l’été 2007. Le courageux Sherbrookois aimerait la faire coïncider avec le 3e colloque des victimes d’actes criminels du Canada qui devrait avoir lieu à Sherbrooke, l’an prochain.

Qui prend soin de lui ? Débordé à prendre soin de familles dispersées aux quatre coins du Québec, Pierre-Hugues Boisvenu a-t-il le temps de prendre soin de lui ? Qui le supporte lorsque la soupape est prête à sauter ?

« Mon break, c’est ma femme Diane, indique-t-il. Quand je n’en peux plus, nous partons trois ou quatre jours faire de l’observation d’oiseaux. Mais de toute façon, je n’ai jamais travaillé seulement 35 heures par semaine. Le boulot ne m’effraye pas. »

Son énergie, il la prend dans la satisfaction d’aider. Sans plus.

« Chaque fois qu’une famille vient nous voir, c’est une victoire, indique-t-il. Aider peut devenir très salvateur. » L’objectif ultime est évidemment de faire bouger les choses au niveau politique et rendre un jour l’AFPAD caduque.

« Peut-être que dans 10 ans, je prendrai une véritable retraite car notre association sera devenue inutile », termine-t-il avec le sourire.

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