Is anyone else pressing for justice reform quite like Quebec?

Québec veut rendre la remise en liberté plus rigoureuse et plus transparente

Presse Canadienne

L’implantation progressive de la Loi sur le système correctionnel du Québec annoncée vendredi par le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, vise à redonner aux Québécois une certaine confiance dans le système.

Une confiance particulièrement mise à mal par la mort violente du jeune Alexandre Livernoche en août 2000 ou encore de Julie Boisvenu, en juin 2002.

Il faudra cependant attendre encore, en fait au 5 février 2007, pour voir l’implantation des principales dispositions de la loi en question qui a pourtant été sanctionnée en juin 2002 par le gouvernement du Parti québécois.

Si l’examen plus serré des demandes de libération conditionnelle devait entraîner une surpopulation dans les centres de détention, le ministre Dupuis n’écarte pas la possibilité de recourir à l’entreprise privée pour la construction d’une prison dont il assure que les gardiens seront des agents syndiqués des services correctionnels.

Il y a six ans, Alexandre Livernoche a été agressé sexuellement et poignardé par le récidiviste Mario Bastien libéré de la prison de Trois-Rivières par le direction aux prises avec un surplus de détenus. Le directeur n’avait pas pris en compte le potentiel de dangerosité de Bastien qui avait reconnu ses penchants de pédophile. Il y a aussi eu le meurtre de Julie Boisvenu commis par le récidiviste Hugo Bernier qui avait une très longue feuille de route.

Bernier avait été libéré après seulement trois mois d’incarcération pour son dernier crime, une séquestration et agression sexuelle.

Les principales modifications de la loi sont les suivantes:

Toute personne incarcérée sera systématiquement évaluée afin d’établir son profil, son degré de dangerosité et les risques de la remettre en liberté. On en tiendra compte au moment de décider s’il y a lieu de la remettre en liberté conditionnelle.

Chaque détenu aura un dossier informatisé contenant diverses informations provenant de policiers, du système judiciaire ou encore du service fédéral de détention.

Les conditions de sortie seront plus strictes. Aucune personne purgeant une sentence de plus de six mois ne pourra reprendre sa liberté ou obtenir une libération conditionnelle sans que la Commission québécoise de libération conditionnelle n’ait étudié son dossier et les remarques et recommandations des agents des centres de détention.

Pour ce qui est des directeurs, ils devront se limiter à l’autorisation de sorties pour des motifs spécifiques: médicaux, humanitaires et des activités de réinsertion sociale.

Les victimes seront informées systématiquement de la situation de leur agresseur par la Commission québécoise des libérations conditionnelles. On les informera de la date de l’admissibilité de leur agresseur à une libération conditionnelle, des permissions de sortie qui lui seront accordées et de sa sortie de prison.

Pour amorcer les changements dans le système correctionnel, la somme de 9 millions $ sera disponible cette année. Elle passera à 22 millions $ en 2007 au moment où se feront les principales transformations.

De l’embauche sera faite: une centaine de gardiens de prison, d’agents de probation et de commissaires aux libérations conditionnelles.

Pour ce qui est de la décision de construire ou non une prison afin de disposer de davantage de places, le ministre y réfléchit.

“J’ai commandé une évaluation de la capacité carcérale. J’aurai le rapport dans quelques semaines. On verra s’il y a lieu de créer des places. Je pense qu’il faut en ajouter. Dans l’éventualité où on devait construire une prison, on pourrait envisager de le faire en collaboration avec le privé”, a indiqué le ministre qui s’est engagé à ce que les gardiens appartiennent au syndicat des agents des services correctionnels.

Pour Pierre-Hugues Boisvenu, le père de Julie, et également président de l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues, la mise en place de la loi sur le système correctionnel ne se fait pas assez rapidement.

“Elle s’étend sur des années alors que la problématique au plan de la sécurité publique est immédiate”, a-t-il dit.

Un autre élément l’inquiète.

“Le ministre a parlé beaucoup d’évaluation, mais ça ne nous assure pas de la mise en place d’une véritable politique de réhabilitation. Les jeunes sortent actuellement de prison davantage criminalisés”, a-t-il soutenu.

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