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Réforme du système carcéral
Pierre-Hugues Boisvenu croit que Québec doit aller plus loin

Mise à jour le mardi 25 avril 2006, 17 h 24 .

Pierre-Hugues BoisvenuLe président de l’Association des familles de personnes disparues ou assassinées (AFPAD), Pierre-Hugues Boisvenu, se réjouit de l’entrée en vigueur prochaine de la Loi sur le système correctionnel du Québec. Il est toutefois convaincu que Québec doit aller encore plus loin.

Selon le quotidien La Presse, le gouvernement Charest s’apprête à mettre en vigueur cette loi, proposée par le Parti québécois en 2002. Une somme de 10 millions de dollars a déjà été prévue à cette fin. Cette nouvelle législation prévoit notamment que les détenus qui voudront être libérés après six mois de prison devront recevoir l’aval de la Commission québécoise des libérations conditionnelles et non plus des directeurs des établissements carcéraux.

Actuellement, les détenus sont très souvent libérés après avoir purgé un sixième de leur peine. Cette lacune a été particulièrement décriée dans la foulée du meurtre d’Alexandre Livernoche. Son meurtrier, Mario Bastien, avait été libéré par le directeur de la prison de Trois-Rivières, alors que la Commission québécoise des libérations conditionnelles avait demandé plus d’informations à son sujet.

Pierre-Hugues Boisvenu, un des responsables de l’activation de cette réforme, se réjouit de voir que le gouvernement Charest s’apprête enfin à bouger. « Les remises en liberté automatiques donnent à mon avis très peu de dents au système et elles viennent banaliser la criminalité », dit-il.

Selon M. Boisvenu, le fait que la Commission des libérations conditionnelles du Québec décidera dorénavant de remettre en liberté ou non un condamné est un bon départ. Il croit toutefois qu’il y a lieu de réfléchir à la réhabilitation des criminels.

Selon lui, il faudrait mettre en place de véritables programmes pour éviter que les détenus s’enlisent dans la criminalité. « Quand je pense qu’un jeune va faire 12, 16 mois de prison, et que tout ce qu’il fait, c’est de l’Internet, du gymnase et de la télévision, je pense que c’est inadmissible. Il faut absolument scolariser ce jeune-là, parce que la scolarisation est la base de la réduction de la criminalité », affirme M. Boisvenu.Le criminaliste Jean-Pierre Rancourt, qui représente toujours la famille Livernoche contre le ministère de la Sécurité publique, est également d’accord avec la réforme. « Je pense qu’on aura peut-être plus de gens en prison, mais on va avoir moins de gens dangereux à l’extérieur », soutient-il.

Pierre-Hugues Boisvenu croit d’ailleurs que les 10 millions de dollars que Québec a prévu pour réformer le système carcéral seront insuffisants. « Il faut absolument qu’on se dote d’un nouveau pénitencier au Québec, sinon, le 10 millions de dollars qu’on va mettre là-dedans va être strictement un diachylon sur une blessure qui est beaucoup plus grande « , affirme le président de l’AFPAD.

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