Vraiment, “Nous chercherons une aiguille dans une botte de foin” mais,

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Forum
Universite de Montreal
Volume 40 – numÉro 27 – 10 avril 2006

Theresa Allore aurait été assassinée par un tueur en série

Une étudiante prépare une fouille méthodique de terrain pour relancer l’enquête

Theresa Allore, 19 ans, a été retrouvée morte dans un fossé de Compton, en Estrie, le 14 avril 1979, environ cinq mois après sa disparition. La dernière fois qu’on l’avait vue vivante, cette étudiante du collège Champlain, à Lennoxville, s’apprêtait à retourner à sa résidence d’étudiante pour écouter de la musique avec des amis. À l’époque, l’enquête avait conclu à un décès par surdose. La jeune femme aurait été abandonnée en lisière de la forêt par ses amis fêtards.

Mais comment expliquer qu’elle n’ait eu sur elle que ses sous-vêtements? «Elle a été tuée, j’en suis convaincue», lance Sue Tayachi, une jeune femme qui se destine à la criminologie à l’Université de Montréal. Pour le prouver, elle veut exhumer des pièces à conviction qui pourraient permettre d’élucider cette affaire qui remonte à 28 ans et qui est toujours classée dans les «cas non résolus» à la section des homicides de la Sûreté du Québec. Elle compte en juin prochain passer au peigne fin les lieux du crime, à Compton.









Sue Tayachi

Sue Tayachi a eu cette idée en discutant avec le frère de la victime, John Allore, convaincu lui aussi que sa sœur a été assassinée. En 2002, M. Allore (qui vit maintenant en Caroline du Nord) est même parvenu à faire rouvrir le dossier sur cette mort mystérieuse.

Cela dit, les autorités policières ont actuellement d’autres urgences que de chercher d’éventuels indices datant de près de trois décennies. «C’est bien évident que nous chercherons une aiguille dans une botte de foin, dit l’étudiante. Mais il me semble que ça vaut la peine d’essayer.»

Elle espère obtenir l’aide de plusieurs étudiants de l’UdeM pour sa fouille méthodique, qui aura lieu le 16 juin. Une quinzaine de personnes ont déjà prévu de faire le voyage.

L’histoire de Theresa Allore semble relever de la fiction. La mort de la jeune femme est d’autant plus suspecte qu’elle n’est pas la seule à être survenue en Estrie. À l’intérieur d’une période de 18 mois à la fin des années 70, trois meurtres ont été commis dans la région. Ces cas sont toujours non résolus. De plus, d’autres incidents violents auprès de femmes ont été rapportés à la police. «Une quinzaine d’agressions sexuelles se seraient produites à cette époque», relate Sue Tayachi.

Le tueur de Theresa court-il toujours? C’est possible, explique Mme Tayachi. Mais il pourrait aussi être emprisonné. «Les tueurs en série se font parfois attraper pour d’autres forfaits et passent quelques années en prison sans jamais avouer leurs crimes les plus graves. Le danger, c’est qu’ils récidivent une fois libérés. Et ils n’ont pas l’air de monstres sanguinaires. Les tueurs en série sont souvent de beaux jeunes hommes de 25 à 35 ans, plus intelligents que la moyenne. En général, leurs victimes ne s’en méfient pas.»

Elle souligne que deux jeunes filles, Jolène Riendeau et Julie Surprenant, sont toujours portées disparues et qu’elles pourraient bien avoir été victimes d’un tueur.

Sue Tayachi précise qu’elle n’est pas une spécialiste des homicides ou des tueurs en série. Elle se décrit comme une passionnée de criminologie intriguée par les affaires de meurtres. D’ailleurs, sa curiosité s’étend jusqu’aux criminels eux-mêmes, au point d’avoir été bénévole au pénitencier de Cowansville. Elle s’est déjà retrouvée assise à la même table que des assassins et des violeurs notoires. Une démarche qu’elle s’impose afin de «comprendre». Y arrive-t-elle? «Oui, répond-elle après un moment d’hésitation. Je peux comprendre les réactions d’agressivité de certaines personnes qui ont grandi dans la violence et l’humiliation. Mais il faut penser aux victimes…»

Quand Forum a rencontré l’étudiante, elle sortait justement de son cours de victimologie, où il avait été question de la «double victimisation», un phénomène qui touche actuellement la famille de Theresa Allore. La famille de la jeune femme est de nouveau envahie par la douleur alors qu’on spécule toujours sur la façon dont ses derniers jours se sont passés.

Mathieu-Robert Sauvé

Pour ceux qui sont interessés à participer à la battue, écrivez à: justice4theresa@hotmail.com

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