COMMUNIQUÉ DE L’AFPAD

Sherbrooke, le 6 juin 2005

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

L’AFFAIRE HOMOLKA, UNE MANIPULATION DU SYSTÈME CARCÉRAL OU UN SYSTÈME d’une grande naïveté…

L’Association des Familles des Personnes Assassinées ou Disparues s’interroge sérieusement sur les leçons à tirer de l’affaire Homolka qui a fait les manchettes des médias du Canada dernièrement.

Au-delà de la médiatisation du processus judiciaire qui a conduit le juge Jean R. Beaulieu de la Cour supérieur du Québec à créer un précédant dans les annales judiciaires canadiennes, en imposant des restrictions très sévères à la libération prochaine de Karla Homolka, l’AFAPD croit qu’il est urgent que des mesures sérieuses soient prises par les gouvernements afin de sécuriser la population face à la libération de criminels à risque.

Le cas Homolka a simplement mis en lumière les lacunes de notre système carcéral canadien. Chaque semaine on remet en liberté des pédophiles, prédateurs sexuels et criminels dangereux qui représentent un risque très élevé pour la sécurité le familles des victimes et la population en général. Nous dénonçons la compétence du système carcéral canadien à remplir pleinement sa responsabilité de réhabiliter de tels criminels.

La décision du juge Jean R. Beaulieu, qui n’a pas tenu compte de l’évaluation d’un professionnel de l’Institut Pinel sur le niveau de dangerosité de Karla Homolka, est inquiétante. Est-ce que cette criminelle est une grande manipulatrice ou est-ce que les évaluations psychiatriques qui sont faits dans les institutions fédérales sont insuffisantes à déterminer le niveau de dangerosité d’un criminel? L’AFPAD dénonce donc le manque de ressources compétentes pour suivre et évaluer adéquatement des criminels.

Dans ces circonstances, l’AFPAD exige du gouvernement fédéral qu’il amende le plus tôt possible le code criminel afin de protéger la population du Québec et du Canada. Ces amendements doivent porter sur l’article 810, lequel permet l’imposition de mesures restrictives à un criminel considéré à risque au terme de sa sentence. De plus, nous demandons à la ministre McLellan d’instituer une enquête publique sur le système carcéral canadien et la Commission canadiennes des libérations conditionnelles. Le laxisme de ces deux institutions a fait largement les machettes des médias depuis quelques années. Des changements s’imposent.

L’AFPAD n’acceptera jamais que les systèmes carcéraux québécois et canadien se déchargent de leurs responsabilités en remettant en liberté des criminels non réhabilités et à risque pour la sécurité publique. C’est leur mission principale de réhabiliter les criminels dangereux. Leur remise en liberté, sans aucun type de contrôle, est une décision illogique, irresponsable et criminelle a déjà coûté la vie à des innocentes victimes. Dans ces circonstances, ces administrateurs doivent être tenus responsables des crimes de ces récidivistes.

En conclusion, l’AFPAD affirme que le système actuel contribue créer des récidivistes plutôt que des hommes et des femmes pleinement réhabilités.

Pierre-Hugues Boisvenu
Père de Julie assassinée en 2002
Président
AFPAD

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