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Justice avec Simon DurivageRadio-Canada5 Octobre, 2002
Un citoyen mène sa propre enquête
En 1979, Theresa Allore est retrouvée morte près de Sherbrooke. À l’époque, la police avait conclu que cette étudiante de 19 ans avait succombé à une overdose de drogues. Insatisfait des résultats de l’enquête, son frère John décide de réouvrir le dossier 23 ans plus tard. Selon lui, sa súur a plutÙt été victime d’un tueur en série. Un reportage de Jacques Taschereau.
Theresa Allore était une jeune femme sans histoire. De bons résultats scolaires, un petit copain, des amies… Elle a été aperçue vivante pour la dernière fois le 3 novembre 1978 à King’s Hall, la résidence étudiante du Collège Champlain, à Lennoxville, où elle poursuivait ses études.
Cinq mois plus tard, son cadavre est retrouvé en bordure d’une route de campagne, à moins d’un kilomètre de là. Son visage fait face au sol et son corps est vêtu seulement de sous-vêtements. Il est dans un état de décomposition avancé. Une autopsie est pratiquée. Le rapport toxicologique est négatif. Le coroner conclut à une «mort violente de nature indéterminée».
Les policiers informent alors la famille de Theresa Allore que leur fille est probablement morte d’une overdose de drogues. Ils évoquent même ses tendances lesbiennes. Leur hypothèse est que la jeune femme a succombé à une overdose de drogues à la résidence étudiante et que son corps a été transporté jusqu’à la route de campagne par des étudiants paniqués à l’idée d’avoir à affronter cette réalité.
Une hypothèse différente
Son frère John, qui vit aux États-Unis, n’a jamais réellement cru à cette hypothèse. Au printemps 2002, il demande à la S¾reté du Québec de réouvrir l’enquête mais on refuse de donner suite à sa requête. John Allore décide alors de faire appel à une amie, journaliste du National Post qui est spécialisée dans les enquêtes criminelles. Depuis, ils essaient de retracer le fil des événements qui ont mené à la mort de Theresa Allore.
En effectuant ses recherches, John Allore découvre que deux autres femmes sont mortes à la même époque dans des circonstances similaires. Louise Camirand, 20 ans, est morte par strangulation après avoir été violée dans la région d’Austin, en mars 1977. Manon Dubé, 10 ans, est retrouvée sans vie dans le ruisseau qui se jette dans le lac Massawipi, dans la région de King’s Croft, en mars 1978. Ainsi, trois jeunes femmes sont retrouvées mortes dans la même région en l’espace de 20 mois.
Mais ce n’est pas tout. John Allore découvre qu’il y aurait pu y avoir une quatrième victime. Un mois avant la disparition de Theresa, une jeune femme de 18 ans qui rentrait chez-elle à pied se fait couper la route par une voiture, entre Compton et Sherbrooke. Un homme en descend et marche vers elle. La femme sent le danger et s’enfuit en courant. Le hasard veut que des agents de la SQ passent à ce moment par là. Ils aperçoivent la voiture, interceptent l’homme en question puis le relâchent.
Le lendemain, la jeune femme porte plainte auprès de la police. Les agents réalisent alors que l’homme qu’il avait rel‚ché la veille avait déjà été accusé d’agression sexuelle dans l’Ouest canadien. Aucune suite n’est donnée à ce dossier. Les policiers n’ont jamais fait le lien entre tous ces événements. Mais pour Kim Rossmo, un profileur renommé de Washington, l’explication la plus plausible est celle d’un meurtrier en série.

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